Hier, JL. Mélenchon s’est enflammé contre le procès fait à l’UNEF sur l’organisation des réunions non mixtes…

Et là, il faut tenter d’apporter de la nuance dans ce débat devenu fou, miné, où le moindre mot mal choisi vous fait passer pour un indigéniste ou un laïcard intégriste. Et JL. Mélenchon (ce n’est pas tous les jours) mais oui, là, il apporte de la nuance ! Ne pas se fier à la musique tonitruante mélenchonienne. Les paroles du leader insoumis, sur ce sujet, sont apaisantes. Les réunions de groupes de paroles (monochromes) de l’UNEF, réservées aux seules personnes dites ‘racisées’, sont la manifestation désolante du nouvel anti-racisme différentialiste. JL. Mélenchon ne le dit certes pas comme ça (il ménage la partie de la jeunesse favorable à cette forme d’antiracisme diviseur) mais il connaît les outrances des mouvements étudiants et remarque justement que ces réunions non-mixtes sont un épiphénomène. Les universalistes (dont JL. Mélenchon se réclame) ne sont pas obligés de tomber dans tous les pièges des identitaires d’extrême-gauche ou droite. Les uns provoquent, les autres, en miroir, s’étranglent d’indignation. Le tout serait ridicule si ce n’était désastreux pour la cohésion nationale. Mélenchon refuse ce piège en défendant la notion de créolisation, c’est-à-dire d’une forme de métissage (donc d’universalisme), chère à l’écrivain Edouard Glissant. 

Thème voisin : la polémique sur les noms de rues.  

Et là, il s’agit de propos de Bruno Retailleau, la semaine dernière : Léa Salamé demandait au sénateur LR de commenter l’initiative du président pour diversifier les noms de nos rues. L’Elysée a demandé à un groupe d’historiens de proposer des noms de personnalités qui pourraient faire l’affaire. Une liste pour donner des idées aux maires, pour leurs nouvelles rues, écoles, nouveaux squares, gymnases. 318 noms, Charles Aznavour, Paulette Nardal (première femme noire à la Sorbonne) ou  Addi Bâ (grand résistant). Réponse de Bruno Retailleau : Emmanuel Macron fait le ‘le jeu des décoloniaux’. Le fameux ‘faire le jeu de’ qui plombe tout débat. Retailleau tombe-t-il dans le piège identitaire ou en est-il un élément ? Qui sont les décoloniaux ? Au départ, c’est un courant d’historiens qui postule qu’un rapport de domination colonial perdure. Par extension, les décoloniaux sont ces militants antiracistes qui estiment que seuls lesdits ‘racisés’ (parce que victimes) peuvent comprendre les discriminations. Ce raisonnement est clairement une pente raciste. Rien à voir avec l’idée de changer le nom des rues ! Les personnalités que nos rues célèbrent sont quasiment toutes masculines et blanches. Changer, cela ne veut pas dire ethniciser la reconnaissance ! Au contraire ! Monter en épingle les quelques réunions de paroles non mixtes de l’UNEF, s’insurger contre la diversification de notre mémoire, c’est le propre de ceux qui veulent que rien ne bouge. Ils affirment que tout ce qui favorise la visibilité de la diversité est une concession au différencialisme, donc au racisme ! Mais si la République (et l’anthropologie) affirme que les races n’existent pas, elle n’en conclut pas pour autant que le racisme n’existe pas ! Être universaliste n’est pas être daltonien !  

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