5 mois jour pour jour avant le premier tour de la présidentielle, la droite est-elle en ordre de bataille ? Du côté de l'UMP en tout cas, difficile de répondre oui pour le moment. Il faut surtout avoir bac + 12 en Politologie pour suivre les méandres des raisonnements de ceux qui aujourd'hui mettent l'UMP à feu et à sang. Car si l'on s'en tenait à l'arithmétique, la situation serait assez simple. En terme de rapports de forces électoraux, droite contre gauche, l'avantage est encore nettement à la première, de l'ordre de 55/45, encore qu'il faille compter l'extrême droite dans ce premier bloc. En toute logique, l'UMP devrait par ailleurs soutenir celui qui apparait comme son candidat naturel. 4 ans qu'il est en campagne, qu'il est populaire dans son parti et dans l'opinion, Nicolas Sarkozy est le seul à droite à faire jeu égal avec la candidate socialiste. Or que voit on depuis quelques jours ? Des chiraquiens de haut vol qui montent au créneau pour dénoncer "le manque de débat" à l'UMP ! Michèle Alliot-Marie et les "mamistes" fulminent contre le verrouillage du parti et la dérive idéologique sarkozyste. Ah ? c'est maintenant qu'ils s'en rendent compte ? On voit les mêmes ergoter sur le calendrier de l'UMP. Reculer la date du Congrès, allonger la période de dépôt des candidatures. Tout ça est très obscur. D'autant que ni Mam ni Villepin n'envisagent de se soumettre à des primaires qu'ils savent perdues d'avance. Ils vont donc se présenter hors du parti ? Ce serait trop simple. Mam parait-il, ne fait que se préparer à assurer la relève de Sarkozy s'il devait s'écrouler en février face à Royal. Si ce n'est pas du billard à 12 bandes ça ! Que voit-on encore à droite ? L'affaire Clearstream brandie de chaque côté comme la preuve de la turpitude de l'autre. "Je ne suis ni prêtre, ni magistrat, ni policier mais votre dossier est accablant" a dit un jour Nicolas Sarkozy à Dominique de Villepin. "Il joue la victime, c'est bien joué mais cette histoire va se dégonfler" affirme un chiraquien. Que voit-on enfin ? Un candidat qui devrait rester zen face à ses atouts mais qui par caractère est incapable de contrôler la haine que suscite chez lui ses adversaires chiraquiens. La HAINE, le mot est lâché. Il faut les entendre parler les uns des autres. "C'est un Con" lâche Sarkozy parlant d'un mamiste. "C'est un fürher" rétorque sans plus de nuance un villepiniste. Finalement, 12 ans de politologie ne servent à rien pour comprendre la droite à 5 mois du premier tour. Il faut juste avoir de la mémoire. "Ce que Sarkozy veut nous faire payer, c'est ce que nous lui avons fait en 95 après notre victoire" explique aujourd'hui un chiraquien. "Notre seul objectif est donc de l'empêcher d'être en mesure de le faire". 2007 s'annonce pour l'instant à droite, comme le match retour de 95.

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