Jean-François Copé ne veut pas comptabiliser trois départements oubliés, François Fillon menace de saisir la justice ... il vous faut commenter tout cela !

Oui, alors j’avoue que là j’arrive un peu un au bout de ma capacité de commentaire politique. Le vainqueur a été élu avec moins de voix que le perdant… Mais, de ce que l’on comprend, c’est peut-être parce que le perdant a moins triché que le gagnant ! Nous parlons bien de personnages dont, par ailleurs, le métier de parlementaire est d’établir les règles qui régissent notre société ! Comment expliquer que nous soyons arrivés à cette situation dans laquelle le scandaleux le dispute au ridicule ? C’est le résultat d’un 50/50 tragique mais surtout d’une déshérence idéologique extrême. Sur le plan de sa vision de la société, la droite française est en friche totale. Les idées avancées semblent tellement plus l’être par tactique que par conviction qu’au bout du compte, elles ne font pas le poids face au choc frontal des ambitions. Le discours et les débats qui animent la droite ne s’appuient plus sur les valeurs qui la fondaient depuis la fin de la guerre mais sur des stratégies de conquête. Les enjeux de pouvoir dépourvus de vraies réflexions idéologiques ne favorisent pas la dignité des attitudes. Mais les responsables du désert idéologique de l’UMP sont d’abord Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy…

En quoi sont-ils responsables?

Revenons un peu en arrière, Jacques Chirac a présidé douze ans en ayant théorisé sur la fracture sociale en 95. Les inégalités n’ont pas été réduites pendant son premier mandat. Après avoir été triomphalement réélu en 2002, dans les conditions que l’on sait, alors qu’au premier tour -président sortant- il n’avait eu que 20% des voix, on ne peut pas citer une grande réforme qui aura transformé ou adapté la société au monde moderne. Puis vient Nicolas Sarkozy dans un fatras idéologique indéchiffrable, citant Jaurès et instaurant un bouclier fiscal (qu’il finira par abandonner). Cinq années de tourbillon idéologique au cours desquelles, de « laïcité positive » en ministère de l’immigration et de l’identité nationale, de triangulations en ruptures sémantiques, tous les repères (les tabous dira t’il) d’une droite modérée et républicaine, auront été secoués, malaxés, triturés par un président obsédé par l’occupation médiatique permanente. La droite est passée de l’éteignoir chiraquien à l’essoreuse sarkozienne… Il faut la comprendre, on ne s’en remet pas comme ça d’un tel traitement ! Elle n’était, idéologiquement, plus du tout armée pour se permettre une présidentielle interne. Résultat celui qui s’est proclamé gagnant, s’appuie sur les lubies d’un conseiller droitier et occulte, vaguement gourou, qui s’est trompé de siècle et sur une motion arrivée en tête, dont la moitié du programme est tout simplement inconstitutionnelle… le pire dans le spectacle qu’offre aujourd’hui l’UMP, ce n’est pas la tragi-comédie des putschs et contre-putschs internes, mais bien le niveau et la confusion du débat idéologique auquel nous avons assisté. Et c’est vrai que dans ce maelstrom il y a un homme, qui, même s’il n’a jamais vraiment dénoncé frontalement les manquements et les dérives de son camp, a toujours réussi à le servir avec un minimum de distance critique. Assez peu pour ne pas trahir mais assez pour conserver sa stature d’homme d’Etat : Alain Juppé, plus une vraie refondation idéologique sont sans doute les seules solutions pour sauver l’UMP aujourd’hui !

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