Et Si la campagne bat son plein dans les appareils des partis, notamment pour achever de constituer les listes… La question des municipales n'a pas encore envahi le débat public nartional. Il faut dire que depuis maintenant 3 ou 4 mandatures, les effets de la décentralisation ont fini par infusé le corps électoral et l’élection municipale est de plus en plus … municipale !... C’est une chance pour la gauche de limiter la casse. Pour bien se rendre compte de ce phénomène de déconnexion entre les enjeux nationaux et les enjeux municipaux, il suffit de regarder quelques chiffres. Ils montrent une incroyable stabilité qu’on ne perçoit jamais au soir des résultats tout occupés que nous sommes à nous focaliser sur les points chauds. Il y a (comme chacun sait) 36.000 communes en France… mais il y en a moins de 1000 (971 exactement) de plus de 10.000 habitants… et sur ces 971 communes seules, entre 150 et 160 d’entre changent d’étiquettes à chaque élection depuis 1995 !.... c'est-à-dire que 85% des villes moyennes et des grandes villes gardent leur maires ou élisent un successeur de la même couleur. Et dans bien des cas, l’alternance n’a pas de rapport direct avec le sentiment national. Il s’agit souvent de division dans la majorité sortante, d’accident de parcours d’un maire inefficace ou malhonnête, ou bien vieillissant qui s’accroche au pouvoir. Il se trouve en plus que ce sont souvent les mêmes villes qui changent d’étiquettes. La gauche détient une large majorité des villes de plus de 10 000 habitants et il n’est pas très risqué d’affirmer que le solde de ses gains et de ses pertes en mars prochain sera négatif …Mais, au PS comme à l’UMP… on ne s’attend pas à une vague bleue car les spécialistes de la carte électorale de ces deux partis savent la dimension locale l’emporte sur la dimension nationale, contrairement aux régionales…même dans un contexte aussi mauvais pour l’exécutif.

Et donc… puisque nous y sommes quelle est la situation de Saint Etienne.

Et bien justement Saint-Etienne fait parti des 160 villes de plus de 10.000 habitants qui ont changé de couleur en 2008 et dont la situation est incertaine. Le Maire actuel, le socialiste Maurice Vincent, qui avait gagné à la faveur d’une division de l’ancienne majorité a vu sa tâche compliquée par d’anciens emprunts toxiques…La droite enfin unie, depuis quelques jours, peut espérer reprendre la ville sauf que le FN est en forme. Il y a une forte probabilité de triangulaire. C’est l’autre drame de la droite, l’autre chance (pas très glorieuse) de la gauche. Bien des triangulaires dans des villes moyennes peuvent amortir le choc pour des socialistes qui devront faire face à un risque d’abstention important dû au raz le bol fiscal notamment. En dépit du FN et de la primauté du local sur le national, l’UMP peut décemment espérer gagner une bonne poignée de villes d’importance comme Valence, Thionville, Amiens, Anger, Metz, Reims… plus près d’ici Roanne… et quelques villes, bien sur, dans la Bretagne en Colère… Peut-être même Quimper. De l’ampleur de ces gains dépends aussi la future majorité au Sénat. Mais si les socialistes gardent Paris et en plus arrivent à décrocher, comme ils l’espèrent, une ou deux villes importantes comme Avignon ou Nancy… mieux encore Marseille, ils auront réussi à faire illusion… Exactement comme en 2001, plutôt bon cru pour la droite, masqué par la victoire spectaculaire de Bertrand Delanoë à Paris.

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