Début de semaine difficile une fois encore pour le parti socialiste, qui décidément semble avoir du mal à se fixer une ligne politique. C'est la confession d'un des dirigeants les plus puissants objectivement au parti socialiste, le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, qui s'interroge benoîtement : "ça fait combien de temps qu'on a perdu déjà ? 6 mois? Et bien en 6 mois, personne n'est jamais venu me demander si j'avais une idée pour rénover le parti. C'est dommage non ?" C'est l'histoire d'une photo qui tient lieu pour l'instant de programme politique à l'ex candidate à la présidentielle : Ségolène Royal, toute de bleu soyeux et de blanc vêtue, sourire aux lèvres aux côtés du nouveau leader de la gauche italienne Walter Veltroni, sur fond de tapis rouge digne d'une montée des marches à Cannes. Photo prise vendredi sur les marches du Capitole. C'est aussi la surprenante émission télé hier d'une autre éminence socialiste, Jack Lang pour ne pas le citer, émission au cours de laquelle il passe un quart d'heure à se défendre d'être le prochain ministre d'ouverture de Nicolas Sarkozy, sans vraiment convaincre. C'est dire si le doute s'est immiscé partout. Un quart d'heure à défendre les grévistes en lutte contre la réforme des régimes spéciaux, tout en répétant qu'il n'appelle pas lui à la grève - voyez si c'est simple. Un quart d'heure à défendre Cécilia ex-Sarkozy qu'il juge "inélégant" de vouloir convoquer pour son rôle dans la libération des infirmières bulgares, ce que son parti pourtant réclame. Le reste du temps enfin à se féliciter du nouveau traité européen et à juger "normal" qu'il soit adopté par le parlement. Lui qui a fait la campagne d'une candidate qui n'a eu de cesse de réclamer un nouveau référendum. Voilà, une somme de petites histoires qui montre que le PS décidément n'est pas près de renouer avec la grande, celle avec un grand H. Et c'est peut-être sur le traité modifié européen que l'on constate le mieux ces derniers jours à quel point il n'a pas encore retrouvé de point cardinal. Que les tenants du "oui" de mai 2005, se félicitent d'un tel traité, même tronqué par rapport à la constitution initiale, soit ; que les nonistes dénoncent un "copié collé" de l'ancien projet, ce serait dans l'ordre des choses également. Le seul souci, c'est qu'en l'espèce, les plus éminents représentants du NON socialiste Laurent Fabius en tête, sont d'une discrétion qui frôle la désertion. Ils n'ont visiblement aucune envie d'être re-catalogués trop à gauche en vue du Congrès du parti. Quant aux "ouistes", on les sent eux aussi gênés aux entournures pour relancer la bataille du référendum. Dans le même espoir de rassembler, Ségolène Royal préfère oublier une promesse de campagne, une de plus, et François Hollande, monsieur "ni oui ni non" en 2004, attendre comme à son habitude le plus tard possible pour trancher sur une position commune au PS. Celle-ci d'ailleurs pourrait être l'abstention lors du vote du Parlement, sacrée clarification de la ligne politique. Le résultat de cette absence de ligne, de ces errances personnelles et collectives, et bien c'est qu'une fois de plus le parti socialiste se retrouve coincé entre l'extrême gauche qui elle, remonte au créneau de la contestation, et Nicolas Sarkozy, qui va logiquement défendre ce qu'il présente comme son "bébé" institutionnel. Pour préserver à tout prix son unité, le PS semble préférer aujourd'hui être cette bulle de savon qui volette qui au gré des vents, cette bulle vide et tranparente qu'un souffle pourtant pourrait faire éclater un de ces jours.

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