Oui, une tentative non assumée tant cette notion apparaît, aujourd’hui comme anachronique et dépassée. Dépassée mais quand même bien pratique pour revenir aux affaires en période de crise des idées politiques, de défiance généralisée… L’idée qu’il existerait un sauveur, l’idée qu’une personne aurait -ou plutôt serait- la solution est tentante. Seulement elle est inavouable parce qu’au fond on sait bien que c’est un dérivatif, une drogue à effet de courte durée ! Nicolas Sarkozy en est conscient puisqu’il affirme qu’il ne croit pas en l’homme providentiel… Et pourtant son propos, tout au long de l’émission suggérait le contraire ! Il ne croit pas à l’homme providentiel mais quand Laurent Delahousse lui demande ses solutions pour régler la dette de l’UMP, il répond simplement « qu’on m’élise comme président et vous verrez »…Il ne croit pas en l’homme providentiel mais il explique que, vu la situation du pays, il n’a pas le choix, il doit revenir… et à la fin de l’interview personne ne peut dire quels sont ses idées pour le chômage, la dette et la réforme en général. « J’aurai besoin d’Alain Juppé et de François Fillon » explique-t-il, magnanime. Ce qui veut dire qu’il se met hors concours. Je suis le point de ralliement. En politique on se rallie à des idées ou à un panache blanc. Comme Nicolas Sarkozy explique que les idées seront neuves, sans que l’on en sache plus sur ce qu’elles seront, il coiffe le panache blanc de l’homme providentiel. Mais une partie de la population reste attachée à cette notion d’homme providentiel!Effectivement, il reste, singulièrement dans le corps électoral de droite, une trace de ce bonapartisme ou une nostalgie du gaullisme. Mais une autre partie de la droite, est aujourd’hui vaccinée. Cette frange accorde philosophiquement une grande place à la notion de responsabilité individuelle et du coup se méfie de la notion d’homme providentiel. Vouloir moderniser cette notion, comme tente de le faire Nicolas Sarkozy, dans un monde ouvert est à peu près aussi pertinent que d’installer la clim’ dans une 2CV! L’homme providentiel au XXIème siècle est à la politique ce que le père Noël est pour des enfants de 8 ans aujourd’hui… On ne la leur fait plus ! C’est une notion infantilisante… Il suffisait de lire les propos que Nicolas Sarkozy tenait hier dans le JDD sur le succès de sa page Facekook, sur le nombre de « like » qui ne cessait de croitre alors que la conférence de presse de François Hollande a été peu suivie. Un puéril concours de taille de …like ou d’audience ! Il fallait entendre le communicants des années 80, Thierry Sausez, sur I-Télé, se réjouir du succès du retour de Nicolas Sarkozy « vous avez vu le buzz ? » disait-il, tout acquis à cette unité de mesure du bruit. Nous expérimentons la version téléréalité de l’homme providentiel, le bonapartisme 2.0, le général de Buzz. Sur ces critères-là, c’est vrai, le retour de Nicolas Sarkozy est une vraie réussite.

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