Le premier secrétaire du PS veut organiser un vote populaire, pour que le « peuple de gauche » tranche la question de l’unité de la gauche aux régionales.

Une démarche qui entend sans doute combler le fossé qui se creuse entre les appareils, ceux du Front de Gauche déchirés entre PG et PC, des écologistes, devenus illisibles, ET ledit « peuple de gauche ». Ce dernier ne se sentirait plus représenté par des mouvements politiques qui semblent se préoccuper d’abord de la survie de leur appareil, au mépris du danger FN.JC Cambadelis , qui voit bien qu’en France, la gauche de la gauche n’attire pas, veut donc passer par-dessus les corps intermédiaires que représentent ces partis pour s’adresser directement au peuple de gauche… ce qui constitue « techniquement » une méthode « populiste ». Ce terme peut avoir une acception positive quand il s’agit d’outrepasser des appareils de représentation qui ne vivent plus que pour eux-mêmes. Le problème, là, c’est que l’instance (le PS) qui veut en appeler au peuple est, elle-même, un appareil qui a perdu une grande part de la confiance de ses sympathisants… Demander à la gauche de s’unir pour éviter le FN est une bonne idée arithmétique mais souligne surtout que la gauche n’a plus que la détestation de l’extrême droite en commun.

L’idée d’une gauche unie est-elle totalement morte ?

Non, mais pour que le FG, les écologistes et le PS soient capables de recréer une majorité, de s’unir pour autre chose que pour sauver leurs appareils, ou faire barrage au FN, encore faudrait-il que chaque composante retrouve sa cohérence. Pour s’unir, il faut négocier, chercher la zone d’intersection entre les programmes de chacun et tenter de l’agrandir par des compromis. Mais, chacune des composantes est en grave crise interne. Le FG, les écologistes… mais le PS aussi n’a plus de colonne vertébrale en ce moment. Songez que JC Cambadelis demande à des communistes de faire front avec une majorité dont le ministre de l’Economie remet en cause le statut des fonctionnaires et les 35 heures ! Il faut d’abord que le PS (puisqu’il est au pouvoir) soit au clair avec son discours et ses actes. Le ministre de l’Economie ne peut même pas mettre les pieds au congrès de ce parti tellement le discours, les actes, les mots, les sous-textes, les off sont dissociés! Pour arriver au pouvoir, le PS et F.Hollande ont dû tenir un autre discours que celui qu’ils tiennent pour gouverner. C’est la faute originelle qui plombe tout. Elle démonétise, par exemple, le procès en irresponsabilité programmatique intenté par le PS au Front de Gauche. C’est quand une force politique est dans l’opposition qu’elle doit travailler à sa cohérence. Et à ce que cette cohérence soit incarnée par des appareils adéquats. Là, seulement, peuvent se nouer des alliances claires. Ce travail n’a pas été fait quand la gauche était dans l’opposition. Aujourd’hui, le PS en est à demander à ses sympathisants de trancher, non pas une politique mais une stratégie. C’est à peu près aussi responsable que deux parents qui demanderaient aux enfants de voter pour savoir s’ils doivent divorcer parce qu’ils ne s’aiment plus ou rester ensemble pour éviter d’avoir à vendre l’appartement.

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