Les écologistes se sont réunis à Nantes ce week-end pour décider de fusionner les Verts et Europe écologie. Oui, vous vous souvenez après leurs succès électoraux aux européennes et régionales, les écologistes et en premier lieu Daniel Cohn-Bendit expliquaient qu’il fallait créer une structure plus large, plus ouverte que les Verts… qu’il fallait même inventer une forme d’organisation nouvelle, participative, ultra démocratique, pourquoi pas sans militants avec uniquement des volontaires occasionnels, des internautes qui interviendraient dans le cadre d’un débat permanent au sein d’une grande maison ouverte tournée vers la société, une organisation protéiforme, débarrassée des structures partisanes et de la bureaucratie des partis politiques classiques. En gros un truc défini par plein de jolis mots aussi à la mode que creux. Donc, ce qui devait arriver arriva : les écologistes vont bientôt accoucher, d’un…parti politique (Europe Ecologie) des plus classiques, plus important et diversifié que les verts, certes, mais avec des militants colleurs d’affiches, un joli site Internet, des instances dirigeantes, un secrétaire général et peut être même… c’est dire, un président (même l’UMP n’a plus de président)! C’est en tout cas ce qui se dessine après la réunion de ce week-end…alors on pourrait en conclure rapidement que les écolos ont raté leur opération de modernisation ! Ce serait aller trop vite. Ils finissent par faire un parti parce que (même si ça parait ringard) c’est quand même la seule façon démocratique que l’on ait trouvée pour élaborer un programme et désigner des responsables qui ont vocation à exercer le pouvoir. En revenir à un parti classique ne veut pas dire que les écolos font du surplace… ils évoluent et font même preuve d’une certaine maturité politique. Le fait, par exemple que, lors des débats de ce week-end une table ronde ait été intitulée « que ferait un ministre de l’intérieur écologiste » montre bien que les écologistes ne limitent plus leur propositions aux seuls domaines environnementaux ou économiques ou à la protestation antisystème pour tout le reste. Pourtant Daniel Cohn-Bendit n’a pas l’air satisfait de cette évolution ? Oui, il fait un peu sa star, il exagère Daniel Cohn-Bendit parce qu’effectivement Europe Ecologie n’aura pas la forme moderniste dont il rêvait et parlait sans toute fois n’avoir jamais réussi à la définir précisément… mais si l’on regarde de plus près, sur le fond les écologistes français évoluent peu ou prou selon ce que souhaite et ce que défend régulièrement l’ancien leader de 68. Le choix quasiment entériné d’Eva Joly pour la présidentielle en est la preuve. Eva Joli n’est pas la personnalité gauchiste, altermondialiste, enfermée sur l’environnement ou la contestation de tout que dénonce Cohn-Bendit quand il étrille ses amis écolos. Le fait que les verts se retrouvent derrière cette candidature qui peut séduire de José Bové au centre droit, devrait suffire au bonheur de Daniel Cohn-Bendit et lui prouver qu’il a quasiment gagné la partie de l’évolution idéologique. Son agacement ressemble, du coup, à une blessure d’égos. Cohn-Bendit refuse d’être candidat, de prendre la tête d’Europe Ecologie et puis il râle… il est un peu comme la grand mère, à table à qui l’on propose en premier de se resservir du gâteau. Pour montrer qu’elle est bien bonne elle se sacrifie et refuse et puis bougonne quand elle s’aperçoit que, du coup, il n’y en a plus pour elle! Daniel Cohn-Bendit, lui a trouvé une jolie formule, un peu plus avantageuse que ma comparaison avec la grand-mère râleuse… Il dit : « si ça continue je démissionne de mon poste de Zorro »! N’en croyez rien. Il ne brigue aucune fonction et cette distance, vis-à-vis du pouvoir lui confère, une liberté et un ton de sincérité très efficace… il s’en grise assez souvent d’ailleurs… c’est aussi pour ça que l’on peut parier que malgré sa mauvaise humeur capricieuse, il gardera son poste de Zorro médiatique des écolos.

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