L'ex-président annonce dans un livre à paraître cette semaine sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, mettant fin à un faux suspense sur ses intententions

Nicolas Sarkozy est donc candidat, via un livre surprise !

Oui…et pourquoi un livre surprise ? En quoi le fait de nous surprendre fait-il progresser le débat, la compréhension des choses ? Comme s’il fallait être surprenant avant même d’être pertinent. D’autant que la seule chose vraiment surprenante dans cette démarche c’est le livre, en lui-même, pas son contenu, ni l’information selon laquelle Nicolas Sarkozy est candidat ! Pourquoi ne pas dire, « je travaille à un programme, j’écris un livre… » ? Non, la forme, la ficelle… le coup de maitre prime. Mais cette façon de vouloir avant tout occuper les ondes, les écrans, confondre l’audimat et la conviction, n’est-ce pas au fond la démonstration que l’on s’adresse au cerveau reptilien plus qu’à la raison ? On entend beaucoup, dans les commentaires suscités par cette stratégie, le discours de l’énergie, du rouleau compresseur. Les proches de Sarkozy parlent d’une stratégie du « blast », de l’attaque éclaire. Il va tout casser sur son passage, bousculer le train-train de la politique… disent-ils

Ça marche, parce que l’idée que rien ne lui résiste fait son chemin…

Un chemin opportunément balisé par les socialistes qui y ont intérêt, pour la primaire au moins. Mais pour l’instant cette idée ne s’appuie que sur le constat rabâché de son énergie et de son envie. Pour nous maintenir en haleine, pour que l’on s’intéresse encore à celui qui occupe le devant de la scène politique depuis 15 ans, celui-ci doit faire irruption régulièrement dans le débat, comme le GIGN chez un forcené, le « blast ». « Il ne se trouvera jamais ou on l’attend » préviennent, admiratifs, ses collaborateurs. Nicolas Sarkozy, en fait mène une campagne de type « Ou est Charlie ». Vous savez, ces livres pour enfants dans lesquels il faut trouver le héros, Charlie. Il y des centaines de personnages par page mais notre attention doit se focaliser sur Charlie. On parle de lui, seul lui existe et a de l’intérêt. L’ancien président use de ce procédé depuis 2007. Cette année, en 2016, alors que sa candidature n’était plus une surprise, il fallait bien que la surprise soit ailleurs… Elle est donc dans ce livre fabriquer dans un secret absolu… Pour surprendre sur le fond, c’est plus compliqué. Il faut avoir des idées que personne n’a jamais eues ! Mais le problème c’est que dans la plupart des cas, si personne ne les a jamais eu (surtout soi même quand ont été au pouvoir) c’est qu’elles ne sont pas bonnes, ou peu praticables. Alors le plus simple c’est la surenchère sur de vielles idées. Faire du Monsieur Plus sur l’identité, le sécuritaire. Ça engage finalement à peu même si ce n’est pas sans influence sur l’état du débat général. Quand on s’adresse à son camps (ce qui est le cas dans une primaire), et que l’on est dans une position de challenger, on durcit ses positions : En réalité le Sarkozy 2017, c’est un Sarkozy plus haut, plus loin, plus fort que celui de 2007 et 2012. La question, au fond c’est de savoir si Nicolas Sarkozy durcit ses idées, et tente de nous surprendre parce la situation du pays l’exige, ou parce que sa situation politique, à lui, le commande ?

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