Comme il est de bon ton de tirer le bilan d'un an de présidence Sarkozy, ce matin Françoise Degois souffle la bougie d'un an d'opposition. "Je voudrais d'abord commencer par une adresse solennelle à Nicolas Sarkozy. "Monsieur le Président, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles. L'opposition reste encore votre meilleure assurance vie ! Veuillez agréer, Monsieur le Président etc etc... " Bien sûr, je provoque un peu... Bien sûr, le PS a gagné les municipales grâce, avant tout, à la gnaque de ces élus locaux. Bien sûr, il a installé le meilleur réflexe pavlovien qui soit... Si je dis "Paquet fiscal ? On répond 15 milliards." Ce chiffre est rentré dans les moeurs, comme le 118-218, et il aura été le gimmik le plus efficace dans l'opposition à Nicolas Sarkozy, qui a fait tout le reste pour tomber en décrépitude sondagière. Voilà pour l'oxygène. Mais l'asphyxie arrive. L'asphyxie, c'est le congrès. Du moins tel que certains l'imaginent, un grand édredon ramassasant la grande majorité qui se déteste pour mettre un premier secrétaire de transition - autant dire, de pacotille - chargé de geler les terres jusqu'à la vraie bataille : la déisgnation du candidat en 2010. Question ? Le plus grand parti d'opposition peut-il se passer d'un leader pour les 4 ans à venir, surtout quand ce parti nous explique du matin au soir les dangers de Sarkozy, l'échec de Sarkozy etcétéri etcétéra ? Non, évidemment. " Oui mais vous ne comprenez pas " nous répond-on. "C'est pour le bien des présidentiables, pour les protéger d'eux mêmes, du parti, du méchant Sarkozy. " TARATATA ! On répondra d'abord avec un brin de malice qu'il est bon de protéger un présidentiable au moment de la présidentielle. Et on se prend à etre touché d'une attention si délicate. Il est vrai que Ségolène Royal et Bertrand Delanoë sont de petites choses, si fragiles, si timides qu'elles ont besoin d'un cocon protecteur. On rappellera à ces bienveillants qu'à eux deux, Royal et Delanoë totalisent 60 ans de vie politique, que la première a éclusé une présidentielle infernale, que le second a arraché Paris à la droite. "Oui mais on nous dit " attention, le congrès de Rennes est de retour !" Et là, on rigole carrément. Pourrait-on cesser de nous bassinner avec un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre ? D'en revenir inlassablement à cette bagarre entre Laurent Fabius et Lionel Jospin, qui empoisonna 20 ans de la vie du PS, à ces 3 jours d'indignité totale, d'insultes, de coups tordus. Rennes, c'était il y a 18 ans ! Le PS a changé. Je rappelle que c'est Nicolas Sarkozy qui est à l'Elysée et pas Francois Mitterrand. Et on imagine assez mal la génération Royal-Delanoë permettre de telles pratiques. Heureusement, ces arguments glissent comme sur les plumes d'un canard. Oui, Ségolène Royal et Bertand Delanoë se préparent. La démocratie participative en bandoulière, l'ex candidate commence sa tournée des fédérations, début mai, pour débattre avec les militants sur son questionnaire. Elle reprend contact avec beaucoup d'élus, notamment Pierre Mauroy. Royal veut diriger le PS. C'est légitime. Bertrand Delanoë, lui aussi, devrait tout dévoiler au moment de la sortie de son livre, le 22 Mai. Un site internet. Quelques prises de guerre, notamment un ou deux barons locaux fabiusiens. Delanoë avance avec prudence car il ne veut pas être assimilé dans l'opinion au "Tous sauf Royal". Avec prudence, mais il avance. Et c'est tout aussi légitime. Et après tout, pourquoi ne pas envisager que ce combat d'idées se déroule proprement entre 2 personnalités qui incarnent, chacune, une forme de modernité. Si tel est le cas, le PS pourra véritablement s'opposer en étant au clair sur sa ligne politique portée par un leader. Moralité : Tranchons, tranchons ! Et qu'un courant nouveau abreuve les motions ! Une chronique de Françoise Degois .

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