Par Marc Fauvelle.

La droite reviendra-t-elle sur le mariage pour tous ?

Y aura t-il un match retour quand la droite reviendra aux affaires ? Si on écoute l'opposition aujourd'hui, la réponse est claire, nette et précise : c'est oui ! Ce que la loi Taubira fait aujourd’hui, une autre loi pourra toujours le défaire après 2017…

Pourtant, si vous écoutez attentivement les différentes sensibilités de l'UMP aujourd’hui, il y a au moins trois familles qui se dégagent nettement :

Ceux qui prônent une abrogation pure et simple, façon trait de plume, défendue par exemple par le courant le plus à droite, celui de la droite forte, les Sarkosystes en herbe. Une ligne médiane, incarnée à la fois par François Fillon et Jean-François Copé, qui eux parlent plutôt d'une réécriture du texte, un coup de gomme. Là, c'est l'adoption qui passerait à la trappe, de même sans doute que le terme de mariage. Et puis le troisième courant, défendu par le député Hervé Mariton, qui propose d'organiser un référendum.

On voit bien aujourd’hui qu'il n'y pas de ligne définie à l’UMP, on n'est pas tous derrière la même banderole, loin de là, mais s'il est de bonne guerre d'aller manifester en se refaisant une santé sur cette question, il faudra trancher le débat et ce n’est pas gagné. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que les mariés de l'ère Hollande n'auront pas à rendre leur bague en 2017... Par-delà les lois, il y a un principe, qui s'applique en France, c'est celui de la non-rétroactivité des lois, en clair, la droite ne pourra pas « démarier » les couples, ni « désadopter » les enfants.

Voilà pour le ou les discours de la droite qui promet de revenir sur le texte, mais pourra-t-elle tenir sa promesse ?

Pardon d'avance à Christine Boutin, mais disons qu'on peut en douter… En Espagne, les conservateurs avaient ainsi promis de supprimer le mariage homosexuel quand ils étaient dans l'opposition, résultat : nada, quand ils sont revenus au pouvoir.

En France aussi, on voit bien qu'il est très très compliqué de revenir sur une réforme comme celle-ci. Prenez par exemple, le cas de la dépénalisation de l'homosexualité, on est en 82. A l'époque la quasi totalité des députés RPR avait voté contre, de Chirac à Barre, en passant par un tout jeune député de l’hémicycle, un certain François Fillon. Aujourd'hui, plus personne ne remettrait le sujet sur la table.

L'abolition de la peine de mort, pourtant imposée par François Mitterrand contre son opinion. Il a fallu 20 ans, après le vote de la loi, pour que les Français ne veuillent plus de la guillotine dans les sondages, mais aujourd'hui à part le Front National, aucun parti ne réclame le retour de la peine capitale... Et c'est un président de droite, Chirac, qui l'a fait graver dans le marbre de la Constitution

L'exemple le plus criant évidemment c'est le Pacs, il y a 15 ans. Christine Boutin, déjà elle, brandissant la Bible à l'Assemblée, la droite vent debout contre une destruction de la société et de la famille traditionnelle, le débat déjà lui, sur « un couple = un papa et une maman »… Non seulement la droite ne l'a pas enterré, mais elle l'a a même amélioré, quand elle revenue aux affaires.

Dans un autre domaine, on pourrait citer les 35H, vilipendées comme une faute idéologique de la gauche... Nicolas Sarkozy les a certes rabotées, malaxées, mais au final elles sont toujours bien là. La gauche n'est pas en reste, elle qui après avoir hurlé contre le service minimum, n'a absolument aucune envie d'y retoucher aujourd'hui. On crie au loup quand on est dans l'opposition, mais on n'a pas envie de remettre de l'huile sur le feu quand on devient majoritaire. Ça peut paraître hypocrite, c'est finalement plutôt sain pour une démocratie, qu'un gouvernement ne soit pas là uniquement pour détricoter ce qu'a fait le précédent.... et que l'alternance ne soit pas qu'un coup de balancier purement politicien.

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