Rama Yade est nommée ambassadeur à l’UNESCO L’ancienne ministre des sports a certainement toutes les qualités pour occuper ce poste mais elle a fini par l’accepter en ayant obtenu la certitude de pouvoir continuer à faire de la politique en même temps, au conseil régional d’Ile de France et localement, dans la circonscription où elle aimerait s’implanter. Exactement comme un autre ancien ministre remercié, Roger Karouchi qui, nommé ambassadeur au près de l’OCDE n’en reste pas moins élu régional d’Ile de France. Deux postes d’ambassadeurs auprès d’organisations internationales attribués à des personnalités politiques plus ou moins punies, mises sur une voies de garage avec comme consigne (qui ne sera pas trop respecté, on ose l’espérer de la part de Rama Rade) comme consigne de se calmer, de ravaler leurs critiques. Bref il s’agit de deux postes diplomatiques, deux postes prestigieux de la République qui sont utilisées à des fins de « recasage » politique. Ces nominations ont plus à voir avec les aléas de la vie interne de l’UMP qu’avec les besoins de la France dans sa politique se développement économique internationale (s’agissant de l’OCDE) et de sa politique culturelle internationale (s’agissant de l’UNESCO). Cette légèreté dans l’utilisation des grands postes de la république n’aidera pas Nicolas Sarkozy dans sa recherche actuelle de hauteur présidentielle. Rappelons, encore cette phrase d’avril 2007 du candidat Sarkozy qui déclinait ses ambitions de rupture dans la gouvernance. Il disait : « je veux que les nominations soient irréprochables ». Et c’est vrai que dans sa réforme des institutions Nicolas Sarkozy a fait passer une disposition selon laquelle les principales nominations qui sont à discrétion du chef de l’Etat devraient être approuvées par une large majorité de parlementaire. Cette mesure, gage d’impartialité est un progrès sur le papier. Sur le papier seulement ! Oui parce que d’abord le champ d’application de cette nouvelle règle est finalement assez réduit mais surtout parce que l’esprit est largement contournée dans les faits. Les nominations de complaisance politique se font maintenant dans la diplomatie ou alors dans les fameuses missions. L’exécutif lance de grandes missions de réflexion sur tout un tas de sujets et ça permet de recaser une personnalité, généralement populaire et qui pourrait, si elle n’avait pas ce poste plus ou moins prestigieux et rémunéré, se rependre en critique du président dans les médias. C’est un peu, (tous ceux qui ont des enfants me comprendrons) c’est un peu comme quand on décide d’accepter une demi heure de télé pour s’éviter un caprice, on sait que ce n’est pas bien, que c’est de la mauvaise éducation mais c’est quand même bien pratique et efficace. C’est dans cet ordre d’idée que Bernard Kouchner, ex-faux ministre des Affaires étrangères remercié va sans doute hériter du poste prochainement créé de Défenseur des Droits à 73 ans, c’est ainsi que Christine Boutin, ministre remerciée, elle aussi a hérité d’une mission inutile sur la mondialisation (avec petit scandale sur la rémunération à la clef). Madame Boutin avait, au préalable refusé le poste d’ambassadeur au Vatican. Généralement les râleurs veulent bien accepter des postes pour se calmer mais il faut que ce soit à Paris ; essayer de dire à vos enfant « ok pour la télé mais tu regarde le documentaire historique sur Arte…. Ça ne marchera pas ce sera Disney Chanel ou une chaine du câble à Manga insupportable, ou un caprice »…

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.