Ce matin, vous évoquez la trêve politique qui débute ce soir. Avec déjà la pression sur tous les candidats avant 2012.

La double campagne qui s’ouvre - présidentielle, puis législative – sera impitoyable. Avec cette interrogation sur la finalité des combats pour les treize impétrants qui briguent l’Elysée:

A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,

Si tes écroulements reconstruisent le mal,

Si pour le bestial tu chasses l'animal,

Si tu ne sais, dans l'ombre où ton hasard se vautre,

Défaire un empereur que pour en faire un autre ?

Victor Hugo à 7h45 à la veille du réveillon de Noël, ça en jette, et cela met un peu la pression sur Thomas Legrand de retour lundi matin.

Elément de climat, Nicolas Sarkozy passe ses vacances à Paris, en famille. La nouvelle a provoqué un grand frisson dans les rangs du gouvernement : et oui, les ministres vont devoir rester mobilisés, toujours réactifs, le doigt sur la couture, y compris quand il ne se passe rien, et croyez-moi, ça rend créatif. Le chef de l’Etat en 2012 a fort à faire, avec deux menaces qui pourraient marquer la fin de son quinquennat : la dégradation de la note de la France et un chômage à 10%. Sa campagne s’annonce compliquée, avec une Marine Le Pen qui le déborde sur sa droite, et un François Bayrou de retour en gloire au Centre, tel le Phénix de la légende, désormais crédité d’un score à deux chiffres. Alors que son dauphin, Hervé Morin, plafonne à 1%. Le patron du Nouveau Centre subit une pression maximale de la part de ses barons, les Santini, Sauvadet et Leroy, restés fidèles au président.

Malgré toutes ces péripéties dans son propre camp, Nicolas Sarkozy va se surpasser, préviennent ses proches à l’Elysée. Il est question d’un livre, avec des propositions nouvelles. Ses rivaux pointent déjà son bilan.

Pression également sur les épaules de François Hollande en 2012.

« Défaite interdite », comme l’a écrit son directeur de campagne Pierre Moscovici, avec une gauche française, qui doit sortir de l’immobilisme et de l’autosatisfaction, elle qui a perdu en 2002 et 2007, et qui devrait logiquement tirer bénéfice de l’impopularité de Nicolas Sarkozy. Et pourtant, François Hollande en 2012 devrait encore subir les assauts d’Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon, bien décidés à ne rien lui épargner. La machine à perdre a tourné à plein régime depuis la primaire socialiste.

Dans cette bataille qui s’annonce, les regards seront tournés vers Marine Le Pen, dont la candidature, qui concentre les frustrations et les peurs, reste une énigme. Tous les compteurs s’affolent. La candidate du FN est appelée à jouer un rôle majeur l’an prochain, la tentation du vote sanction reste forte.

Le décor est planté. Il nous reste une semaine devant nous pour reprendre notre souffle, avant une course d’obstacles de six mois, et deux scrutins qui pourraient changer la France. Pour le meilleur ou pour le pire.

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