Aujourd’hui et demain vous revenez sur l’année politique 2013. Ce matin les débats politiques en trompe l’œil…

En 2013, il y a eu, bien sûr la question fiscale, la promesse de l’inversion de la courbe du chômage. Sur l’ensemble de l’année, les sujets économiques et sociaux ont dominé l’actualité… mais, ce matin, arrêtons-nous sur les questions de société pour lesquelles nous avons eu deux illusions d’optique. Deux débats qui nous ont fait croire que nous serions en pleine régression. Sur l’homosexualité et sur le racisme…

Les controverses qui ont accompagné le vote de la loi qui ouvre le mariage et l’adoption aux couples de même sexe, au printemps dernier, ont précipité des centaines de milliers de personnes dans les rues. Ces "méga-mobilisations", le renouvellement et la modernisation des figures de proue du conservatisme (Frigide Barjot a pris la place de Christine Boutin), ont pu, un temps, laisser penser que l’acceptation de l’homosexualité, était en reflux dans notre société, que l’homophobie augmentait. Et c’est vrai que voir des manifestants défiler, non pas pour sauver un droit, non pas pour en obtenir un nouveau, mais (chose inédite dans l’histoire des manifestations populaires en France) pour en refuser un à une partie de la population, a créé une image trompeuse de la France. En réalité l’homosexualité est de mieux en mieux acceptée chez nous… Il suffit de se souvenir qu’en 1999 (Il y a seulement 14 ans !), Lionel Jospin avait dû promettre aux députés socialistes que le Pacs, qu’il soumettait à leur vote, n’était pas le premier pas vers un mariage homosexuel, qu’ils ne pouvaient même pas imaginer accepter un jour.

Oui et il faut se souvenir que l’homosexualité n’est dépénalisée en France que depuis 1982 !

Et il y a encore sur les bancs de l’assemblée d’aujourd’hui des parlementaires qui siégeaient à cette époque et qui avaient voté contre la dépénalisation. Ils n’aiment pas qu’on le leur rappelle tellement ça parait impensable en 2013. Les manifestions anti-mariage gay du printemps dernier étaient fournies, mais ne représentaient pas le mouvement de l’Histoire. Le mariage homosexuel est majoritairement accepté. Et le sera de mieux en mieux. Dans 20 ans, les parlementaires qui ont voté contre ne voudront certainement pas qu’on le leur rappelle !

L’autre illusion d’optique, engendrée par les débats de cette année, nous amène à penser que le racisme augmente en France ! La crise crée des crispations, la mondialisation provoque des replis identitaires et des insécurités culturelles, Internet ouvre les vannes des réactions et détruits les codes et la bienséance des débats, le langage se relâche. Mais la réalité c’est que la violence raciste baisse, le métissage progresse. Pour masquer son racisme, l’extrême droite est obligée de le déguiser sous les habits d’une laïcité dévoyée. Malgré les propos sur les Roms, malgré la ghettoïsation d’une partie des cités qui génèrent leur propre racisme, malgré la perpétuation de trop de discriminations à l’embauche ou au logement, la société française est (si on sait prendre un peu de recul et de perspective) moins raciste et moins homophobe que celle de nos parents ou de nos grands-parents. Simplement les réactionnaires se font entendre. L’esprit réactionnaire a été parfaitement défini par Victor Hugo : « L’agonie a ses ruades, en langue politique, cela s’appelle ‘réaction’ » écrivait-il dans Choses vues … Marine Le Pen, le Printemps Français ou Dieudonné sont les ruades des agonies d’aujourd’hui…

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