Ce matin, bien sûr, la nouvelle donne après l’alliance de F.Bayrou et E. Macron

E.Macron et F.Bayrou réalisent donc, en 2017, ce que F.Hollande n’a pas voulu faire en 2012 : l’alliance de la gauche modérée et du centre. C’était une erreur de F.Hollande, au moins du point de vue de la cohérence, puisque, finalement, la ligne politique qui aura été menée pendant 5 ans (singulièrement depuis 2014) aura été tout à fait socialo-centriste ! Le désintéressement bien compris de F.Bayrou est un acte fort dans la recomposition du paysage politique. E.Macron, dont la dynamique se ramollissait, qui commençait même à inquiéter par ce qui pouvait ressembler à une forme d’amateurisme, se voit renforcé par un courant politique incarné par F.Bayrou et se voit soutenu par un homme solide, qui a l’expérience, l’épaisseur et le poids rassurant des ans passées dans la politique. Macron et Bayrou ce n’est pas un ticket. Le maire de Pau ne sera pas le 1erMinistre de l’éventuel président Macron, ou alors l’idée première de Macron, le renouvèlement, tomberait à plat. Mais ces deux hommes sont complémentaires. L’accord entre l’enraciné béarnais et le fringant social-libéral pourra apparaitre comme une sorte de contrat de génération. Vous vous souvenez de la promesse de F.Hollande en 2012 pour intégrer les jeunes dans le monde du travail : un contrat par lequel un senior est maintenu dans l’entreprise pour cornaquer, accompagner un junior tout juste embauché. Et bien le quinquennat Hollande aura finalement accouché d’un contrat de génération entre E.Macron et F.Bayrou…

C’est un épisode de la recomposition politique tant annoncée qui se produit ?

Oui, les résultats de toutes les élections territoriales depuis maintenant une dizaine d’années ont forgé un paysage politique que l’on disait tripartite. Gauche, droite, extrême-droite. L’apparition d’E.Macron qui enregistre aujourd’hui son 1erralliement politique de poids, au centre du paysage, le retrait quasi-certain de Yannick Jadot au profit de B.Hamon, compose un nouveau paysage, non plus tri mais ( de façon certainement transitoire) quadripartite : l’extrême-droite lepeniste, la droite filloniste, le centre macronien et la gauche mélenchono-hamoniste. Dans ce paysage, finalement, seule la gauche est divisée ; la propension de B.Hamon et JL.Melenchon à n’envisager, chacun, l’union que derrière leur propre personne, élimine quasiment de fait ce camp pour le 2ndtour. De nombreux cadors socialistes en déshérence se donnent encore quelques semaines de décence (et aussi le temps d’évaluer les nouvelles dynamiques) avant de rejoindre E.Macron. La division de la gauche, une droite solide sur son noyau mais sans dynamique en raison des affaire, un FN pour qui le monde semble tourner (mais que les affaires pourraient aussi commencer à gêner), le tout compose ce matin un paysage qui favorise, sur le papier, au moins E.Macron. Sur le papier au moins parce que l’on sait, instruit par la primaire de la droite puis celle du PS (c’est le charme de la politique…) on sait que ce qui apparait évident sur le papier n’est pas toujours, loin s’en faut, ce qu’il advient… c’est bien pour cela que cette chronique est quotidienne.

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