Premier « vrai » conseil des ministres ce matin à l'Elysée autour de Nicolas Sarkozy, après celui de vendredi dernier qui fut celui de l'installation. L'occasion pour les 4 « transfuges » de gauche de se retrouver et ça devrait leur fait du bien, car leur vie n'est pas si facile. Au dernier conseil des ministres, ils ont échangé leur numéro de portable et ont promis de se revoir très vite. Depuis, ils n'ont pas vraiment eu le temps, se sont chacun plongés dans les arcanes de leur ministère. Ils doivent s'occuper de composer leur cabinet sous l'oeil vigilant de l'Elysée. Les novices ont découvert un drôle de système, celui des "Points Cabinet". Selon votre titre, votre rang dans le gouvernement et le "bon vouloir" du premier ministre qui dispose d'une cagnotte personnelle, vous avez droit à "tant" de "points cabinet" qui équivalent à "tant" de collaborateurs. Ils vont se revoir donc car ils aimeraient faire un "truc" ensemble. Pas un parti, mais plutôt un club de réflexion et d'action politique. Nom de code pour l'instant, le "cercle progressiste". Il a pour vocation de réunir les intellectuels de gauche, les hauts fonctionnaires, pourquoi pas les Gracques, les élus qui ont déjà ou qui sont prêts à franchir le rubicon et se reconnaître dans l'action de Nicolas Sarkozy. C'est Eric Besson, premier transfuge historique qui est chargé de mettre sur pied "ce nouveau pôle de gauche de la majorité", qui pourrait être formalisé d'ici l'été. Et si l'on voit bien l'intérêt pour le président de la république et le premier ministre d'une telle organisation, certains parleront "d'instrumentalisation", il n'est pas négligeable non plus du point de vue de cette bande des 4, franchement perdue dans cet océan de droite qu'elle découvre. Si officiellement l'heure est encore à l'ébahissement "qu'est ce qu'ils sont sympas avec nous", la reconnaissance "qu'est ce que Sarkozy est sympa avec nous", le bonheur "qu'est ce que c'est sympa d'être au gouvernement"... les premières petites couleuvres à avaler ont pointé le bout de leur nez . Martin Hirsch, haut commissaire a commis le premier impair en déclarant sur France Inter qu'il était opposé à l'extension de la franchise de soin non remboursée par la Sécu promise par le candidat Sarkozy. Grand prince, Xavier Bertrand a affirmé que "le gouvernement, ce n'est pas le régiment". Bernard Kouchner lui, a du diffuser hier un très officiel communiqué pour faire savoir qu'il ne "soutenait" pas le candidat UMP, un ami pourtant, qui affrontera son ex camarade Montebourg aux législatives. Entre ses amitiés visiblement, pas facile de choisir. Jean-Pierre Jouyet, nouveau secrétaire d'état aux affaires européennes, n'a pas eu l'air très à l'aise en début de semaine sur la position de la France face à la Turquie. Eric Besson enfin, plus prudent jusqu'ici, a obtenu de ne pas être en première ligne au parlement dans les semaines qui viennent, histoire que ses petits camarades ne brandissent pas à chacun de ses propos, un verbatim de ce qu'il disait il y a 6 mois. Il s'attend néanmoins à être systématiquement mis en porte à faux entre le nouveau et l'ancien Besson. Ces 4 là se vivent comme des précurseurs de la rénovation de la vie politique française, en attendant, leur vie de "minoritaires" n'est pas si facile. Heureusement, il y a le portable !

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