La biodiversité doit devenir un thème politique !

Et si l’information politique de la semaine…c’était ça ?! Ce chiffre rendu public par le CNRS : 30% des espèces des oiseaux des champs ont disparu ces 15 dernières années… Si le réchauffement climatique est maintenant un sujet politique, la biodiversité n’a pas encore acquis ce statut ! Qu’est-ce qu’un sujet politique ? C’est un sujet qui a à voir avec la course au pouvoir, bon là… effectivement on n’est pas dans les bons critères… ou, plus noble, c’est un sujet traité parce qu’il qui a soit une incidence sur notre organisation collective, soit parce que notre organisation collective a une incidence sur lui (la sécurité, la dette). L’indice du WWF, qui montre que les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles (pour ne parler que des animaux) ont régressé de 58 % entre 1970 et 2012, n’émeut que les amoureux de la nature, ou les scientifiques qui traitent de ces questions. On ne décide pas, devant un tel chiffre, une telle catastrophe, que le collectif, donc le politique, doit s’emparer du sujet comme il s’empare de la question du chômage ou de la dette. Quand on parle de réformer notre organisation du travail, notre modèle social, notre façon de nous soigner, de nous transporter, de produire et consommer …même quand nous évoquons la réforme de nos institutions, aujourd’hui, nous n’oublions plus de réfléchir aux conséquences sur le climat… mais nous n’y incluons pas encore la biodiversité.

C’est vrai que lorsqu’on a appris, cette semaine, la mort du dernier rhinocéros blanc, ça n’est pas apparu comme une nouvelle politique !

Pourtant c’en était une ! L’affaissement général de la biodiversité pèsera sur notre santé, donc notre organisation sociale ! Le 1/3 des espèces d’oiseaux disparus en France ces dernières années est le fait de l’activité humaine, des pesticides. Quand un gouvernement veut réformer le transport (l’écologie est absente du rapport Spinetta sur le transport ferroviaire !), ou réformer l’urbanisme, l’éducation, on lui pose systématiquement la question du coût, de l’emploi, voire de la sécurité… Jamais (ou si peu) de l’impact sur la biodiversité. Comme si le thème du réchauffement climatique (certes essentiel et urgent) avait vampirisé toute notre capacité d’indignation écologique. Il y a toutes les études qui montrent pourtant le rôle décisif des abeilles dans la pollinisation des plantes, qui montrent que la destruction des mangroves comme des récifs coralliens rendent de nombreux littoraux plus vulnérables aux effets du dérèglement climatique. Nicolas Hulot s’alarme à juste titre de l’indifférence générale qui entoure son projet de loi sur la biodiversité… il s’adresse en disant cela aussi et d’abord à sa majorité ! Demain, une opération de sensibilisation mondiale sur ce sujet est instaurée par les organisations environnementales. Il s’agit d’éteindre symboliquement quelques minutes ses lumières… Il parait qu’à l’Elysée, on a prévu d’éteindre les lustres ! Pourvu qu’il y ait, pendant ces quelques instants de pénombre, un éclaire de conscience présidentielle. La disparition du corail, des abeilles, du rhinocéros blanc et des oiseaux des champs sont des faits politiques qui doivent être traités par des politiques…et dans des chroniques politiques.

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