On parle de ‘l’acceptabilité’ des mesures gouvernementales contre la pandémie… mais il ne faudrait pas oublier -dites-vous- ‘la responsabilité’.

L'accepatabilité des mesures anti-Covid
L'accepatabilité des mesures anti-Covid © Getty / Solskin

Oui, les images (par exemple) de carnaval à Marseille mais surtout notre expérience personnelle, nos attitudes, celles de nos proches, de nos enfants, ont beaucoup plus d’impact sur la vitalité du virus que les décisions gouvernementales. 

Ces dernières s’avèrent évolutives, parfois kafkaïennes, peut-être sont-elles même pour certaines des erreurs. Justement parce que le président, soucieux de l’acceptabilité des mesures, produit des règles et leur lot d’exceptions qui les rend illisibles.

De quoi alimenter la veine intarissable de la raillerie anti-administration. 

Mais que signifie l’acceptabilité ? Comment la mesurer, la déterminer ? Et d’ailleurs faut-il vraiment s’en soucier ? La nature de l’acceptabilité ne peut être appréhendée de la même façon pour tous !

Il y a l’acceptabilité sociale ou générationnelle. Il faut préserver les plus fragiles, les plus précaires, les plus isolés. Leur capacité à supporter ou non les interdits doit être un élément essentiel des arbitrages. 

Et puis, il y a les militants dits de la liberté, qui estiment que nous vivons dans une dictature sanitaire, qui considèrent les contraintes comme les avatars d’une société maternée, incapable d’affronter l’adversité, anesthésiée par la généralisation du principe de précaution. I

ls sont représentés par des polémistes à clash sur certaines chaines d’info. Faut-il vraiment que l’Etat se soucie du niveau zéro d’acceptabilité de cette infime mais bruyante partie de la population dont la mauvaise foi le dispute à l’égoïsme ? 

Enfin il y a l’acceptabilité du plus grand nombre. De ceux qui voudraient juste comprendre la cohérence des mesures gouvernementales. Mais est-ce que cette partie de la population (très majoritaire en fait) ne prend pas prétexte des ratés du gouvernement pour oublier sa propre responsabilité ? Si le gouvernement est fondé à se poser la question de l’acceptabilité (par souci, avant tout d’efficacité) les citoyens, eux, devraient, chacun, se poser la question de leur responsabilité.  

Et ce n’est pas le cas ? 

De toute évidence, pas assez. Nous ne faisons pas, individuellement, ce qu’il faut pour freiner le virus. Nous n’agissons pas comme nous le demande le corps médical. En réalité, beaucoup d’entre nous à l’échelle de nos familles, de nos cercles d’amis ou de relations de travail, faisons un peu comme le gouvernement qui écoute le Conseil scientifique mais ne le suit pas complétement parce qu’il ne faut pas tuer l’économie ni sacrifier la scolarité des plus jeunes.

Nous pensons quelque chose comme ‘il faut bien vivre’ et nous transigeons sur le port du masque, le lavage des mains, le nombre de convives à table, un café partagé d’un peu près. Dans notre pays où l’Etat est au centre de tout, on oublie facilement sa propre responsabilité. 

On ne peut pas critiquer (et à juste titre) le fait que nos vies quotidiennes, en ce moment, dépendent des choix d’un seul homme au sommet de l’Etat, si nous ne nous posons pas, en même temps, la question de notre propre responsabilité…

Et là il faut conclure cet édito parce qu’il commence à virer cours de morale !

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