Ségolène Royal organise sa campagne... La candidate réunit aujourd'hui tous les présidents de région socialistes. Tous, sauf un, celui de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, accusé de dérapages racistes. Et pourtant, Georges Frêche fait toujours parti du PS. C'était il y a tout juste une semaine. Le PS avait terminé ses débats et votait pour départager ses 3 candidats. Et tout le monde s'extasiait sur la formidable leçon de démocratie qu'infligeait le vieux parti d'Epinay aux autres formations politiques. Et quand le jour même du vote, avait éclaté la nouvelle affaire Frêche, la concommitance des dates n'est d'ailleurs sans doute pas un hasard, les candidats s'étaient pincés le nez en disant, "pas de ça chez nous". Ségolène Royal avait condamné les "propos insupportables" de celui qui s'était pourtant engagé en sa faveur. Laurent Fabius avait jugé que Frêche n'était pas digne d'être au PS. Et une semaine après, où en est-on ? Et bien figurez-vous que le parti le plus démocratique de France en est... au même point ! ou presque... Enfin, la commission des conflits a tout de même été saisie du cas Frêche; et elle devrait se réunir "rapidement" parait-il, pour entendre tous les protagonistes de l'affaire. La dernière fois qu'il était passé sous les fourches caudines de la commission des conflits, c'était en mai dernier, soit 4 mois après ses propos qualifiant les harkis de "sous hommes"; c'est ce que le PS appelle "rapidement"; à l'époque, les fabiusiens étaient montés au créneau mais ils n'avaient guère été suivis. Pas de majorité pour exclure définitivement Georges Frêche, ni pour l'exclure temporairement. Il avait juste été suspendu de la direction du PS. Et interdit de se présenter pour les 2 ans à venir sous la bannière socialiste. Pas très grave, puisqu'il avait déjà renoncé aux législatives de 2007 ! Alors pourquoi une telle manquétude à l'égard de ce personnage, dont on a du mal à voir en quoi il incarne les valeurs socialistes ? Parce que Georges Frêche est maitre absolu en Languedoc-Roussillon, et dans sa fédération PS, la 5ème de France avec 6300 cartes ? Parce qu'il a à lui seul, le vote des rapatriés, et qu'à l'aube de 2007, il ne faut s'aliéner personne ? Parce que Georges Frêche fait peur ? Pour sa défense, il n'a rien trouvé de mieux en effet que de menacer de semer la panique au PS, en sortant tout ce qu'il avait sur l'affaire Urba ? Parce que le PS s'est habitué tout simplement aux provocations incessantes, de celui qui confond franc parler et insanités ? Sans doute toutes ces raisons expliquent-elles la lenteur de la réaction du parti socialiste. Elles les expliquent, mais elles ne les excusent pas. Le cas Frêche reste pour l'instant une tâche sombre sur la blanche image que le PS avait réussi à donner de lui-même.

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