Eva Joly tape sur les socialistes parce qu’elle est pressurée, coincée, écrasée par la stratégie du parti écologiste. Comme il y a un accord, même bancale, entre EELV et le parti socialiste, ces deux partis vont faire en sorte, au maximum, de gommer leur différences, de mettre en avant ce qui les rapproches. Il leur faut installer l’idée que, lors des élections législatives de juin prochain, dans soixante circonscriptions, les électeurs socialistes seront appelée à voter, des le premier tour, pour un candidat écologiste. Dés lors, si l’on gomme les différences entre socialistes et écologistes… pourquoi envisager de voter pour Eva Joly au premier tour de l’élection présidentielle ? la candidate aurait préféré qu’il n’y ait pas d’accord pour que les frontières soient bien marquées, que le débat soit plus claire. Du coup –instinct de survie- c’est toute seule qu’Eva Joly se démarque des socialistes. Le problème c’est que ça donne une image d’incohérence totale. Les écologistes peuvent bien essayer de mettre en place la stratégie du bad cop et du good cop, la gentille Cécile et la méchante Eva, pour jouer sur les deux tableaux… mais en réalité la réussite ou non de cette tactique (qui n’est d’ailleurs sans doute pas mis en place concisément) ne dépend pas d’eux. La réussite ou non d’Eva Joly dépend surtout de l’état de François Hollande dans les sondages quelques semaines avant le premier tour. Si le candidat socialiste se retrouve ne situation d’être devancé par Nicolas Sarkozy, ou même à quelques petits points de Marine Le Pen, la pression sur Eva Joly pour qu’elle retire sa candidature sera très forte. Elle viendra principalement de son propre camp. Parce que l’appareil EELV, qui vise un groupe parlementaire à l’assemblée, aura avant tout besoin d’une victoire de François Hollande assurée.

Les écologistes n’ont décidément pas de chance avec l’élection présidentielle.

Non, ce n’est pas une élection pour eux. Quelles sont les raisons qui poussent un mouvement à présenter un candidat à la présidentielle ? Il y en a principalement deux. On se présente pour être président à la fin ! À chaque scrutin, ils sont deux ou trois à pouvoir espérer finir à l’Elysée. A l’évidence, Eva Joly ne fait pas parti de cette short liste. Deuxième raison : que les idées de son parti soit au cœur du débat. La présidentielle est un moment cathartique de la vie politique française, en être absent c’est prendre le risque de voir l’influence de son parti sérieusement amoindri. Cette exigence n’est pas vraie pour les écologistes dont les idées, même édulcorées sont partout, récupérés, pour le meilleurs ou pour le pire par l’ensemble de la classe politique. En somme, comme le disait Daniel Cohn-Bendit l’année dernière, les écologistes n’ont pas besoin d’un candidat a la présidentielle. De plus ils sont toujours très mal à l’aise, pour des raisons quasiment culturelles et identitaires, avec la personnalisation à outrance que ce scrutin implique. L’essentiel pour eux c’est d’avoir enfin un groupe parlementaire. Ce groupe aura un vrai un poids politique pendant cinq ans. S’il faut passer par quinze jours de cuisine politique et brouiller momentanément leur image, c’est sans doute pour eux, au total une bonne opération. Pour eux les verts, certainement pas pour leur candidate qui se retrouve salement piégée, obligée d’aboyer pour signaler qu’elle existe encore.

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