**Ce matin, bien sûr, vous revenez sur le coup de théâtre de Jean Sarkozy hier soir !Oui et d’abord, nous avions critiqué cette élection toute faite. Aujourd’hui, si comme le prétendait Frédéric Lefèvre nous, les commentateurs, nous étions la nouvelle opposition nous dirions « victoire, les Sarkozy ont cédé, ils ont reculé ». Mais il ne s’agit pas de ça du tout. S’il est impossible de savoir qui a véritablement pris la décision et sur quelle bases, Nicolas Sarkozy vivra sans doute ça comme un échec ou un recul stratégique mais Jean Sarkozy n’a pas reculé, il a compris. Ses mots d’hier étaient assez forts. Bien sur le média-training perçait sous un discours pro, policé, presque formaté, on voyait les coutures des publicitaires chargés de son discours sur son costume de jeune politicien… mais, n’empêche, les mots prononcés étaient les bons. Jean Sarkozy n’a pas dit, comme un vieux briscard de la politique l’aurait fait : « je renonce parce que je suis une victime de la désinformation ». Il a prononcé le mot frédéric-levriste « désinformations » mais ses mots forts à lui c’étaient, « j’ai écouté, j’ai entendu et j’ai appris ». Il y a plusieurs façons de renoncer en politique. La façon habituelle, à l’ancienne, celle qui ne tient compte que des rapports de forces et qui dit « je suis victime d’une cabale, je renonce ». Ou il y a la façon, disons, plus moderne qui dit « j’ai compris, j’ai appris, je renonce ». S’il s’était entêté il aurait trainé ce boulet de pistonné pendant des années et son père du pistonneur jusqu’en 2012. Son renoncement, et la façon dont il s’est exprimé le libère. Alors deux hypothèses. Soit il mérite l’oscar du meilleur acteur, soit il est un ovni dans le clan de l’UMP Patrick-balkanysé des Hauts de Seine. Du côté des ténors de la majorité, ça va être demi toour drooite !Oui, enfin peut-être que certains vont commencer à se lasser mais sinon effectivement ce sera ça et en claquant des talons s’il vous plait ! Parce que bien sur, la plupart des ministres et autre patrons de l’UMP ne faisaient qu’appliquer la consigne Elyséenne de défense sans faille. Ils étaient conscients de la part de ridicule qu’ils devaient endosser mais c’était le prix à payer pour éviter la disgrâce. C’était une sorte de concours de langue de bois d’investissement. Celui qui défendrait le petit avec le plus de zèle s’achetait un ticket pour les premiers rangs, près de l’étoile du père. Tant pis pour la contradiction flagrante entre l’idéologie du mérite affichée par le sarkozysme officiel et ce cas patent de favoritisme. Aujourd’hui, ils vont recevoir de l’Elysée leurs nouveaux éléments de langage (cette liste de mots et de termes à prononcer absolument devant les médias) … ils diront quelque chose comme « je salue une décision courageuse et sage ». Pourquoi aucun d’eux n’avait osé dire l’évidence avant ? La sage décision c’était de ne pas briguer la présidence de l’EPAD via un poste, laissé vacant par le maire de Meudon sur ordre récompensé de l’Elysée. Ils ont défendu Jean Sarkozy en pensant qu’il s’agissait de Nicolas Sarkozy. Ils ont pensé qu’il ne pourrait pas renoncer parce que Nicolas Sarkozy n’aurait pas renoncé. Renoncer, pour eux c’est forcement céder. Ces courtisans voyaient bien que cette histoire faisait rire ou a stupéfait la presse du monde entier. 200 journalistes dont la moitié venus de l’étranger avaient prévu de couvrir l’élection-nomination d’aujourd’hui, comme on couvre une bizarrerie exotique dans une république bananière. Jean Sarkozy vient de mettre fin à cette mascarade. Il l’a fait assez dignement. Mais il vient aussi de souligner outrageusement un phénomène de cour tristement classique dans notre république au pouvoir centralisé. Il faut au moins espérer que cet épisode fera comprendre au Président que sa promesse électorale de moderniser la République, de « démonarchiser » certaines pratiques était une bonne promesse qu’il convient maintenant de tenir.**

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