Marc Fauvelle

Ce matin, le PS sur un champ de mines.

C'est la petite phrase de Benoît Hamon, hier matin, qui a servi de révélateur, voire de détonateur....

Etait-ce une maladresse, a-t-il été emporté par son élan, ou pensait-il vraiment ce qu'il a dit, quand il a affirmé que la politique du gouvernement "menace la république" ? Rien que ça…

La république menacée par Manuel Valls et François Hollande, c'est une accusation très lourde évidemment, dans l'échelle de Richter de la petite phrase politique...

Mais alors, pourquoi s'être tu jusqu'à présent, si la République, notre bien le plus précieux, est aujourd'hui menacée par ceux qui nous gouvernent.

Pourquoi par exemple, Benoît Hamon, qui était encore ministre de la République il y a deux mois n'a-t-il pas dénoncé cette attaque insoutenable quand il était en poste ?

Pourquoi a-t-il attendu de se faire virer, pour le dire haut et fort ?

Et pourquoi, la veille encore, s'est-il abstenu sur le budget, alors que la république était déjà, on le suppose, menacée... Il aurait dû, en son âme et conscience, voter contre le budget et là, sa petite phrase aurait été en adéquation avec son geste.

Il en va de même d'une certaine manière façon, pour Martine Aubry. Après avoir étrillé la politique de Francois Hollande, en résumant sa pensée d'une formule ici même lundi matin "vous savez avec Hollande, même quand c'est bien, c'est pas bien".... elle a laissé son bras droit Francois Lamy voter pour le budget avant hier à l'Assemblée, pour ne pas donner l'impression de jouer contre son camp, tout en le dégommant...

Et Manuel Valls dans tout cela… Il devrait être le chef de la majorité, et le voilà qui lui aussi y va de sa tirade à la kalachnikov.... En renvoyant ses adversaires au sein du parti "à la gauche passéiste hantée par le surmoi marxiste...." le PS effectivement ressemble de plus en plus à un champ de mines, un parti d'incendiaires, prêts à se faire hara-kiri plutôt que de continuer à vivre sous le même toit.

Alors pourquoi cette guerre des clans au PS, et pourquoi aujourd’hui ?

Parce que les socialistes sont déjà dans l'après Hollande... Ils ont anticipé la défaite de 2017, et lancé la guerre de tranchées pour récupérer ce qui restera alors du PS et son leadership... C'est une guerre de parts de marché... Les frondeurs ont compris que malgré le soutien de Martine Aubry, ils ne feront probablement pas tomber le gouvernement Valls, alors ils jouent déjà le coup d'après, celui du Congrès… Faute d'être majoritaire à l'Assemblée, ils vont tenter de l'être parmi les militants socialistes quand il faudra se compter, en 2015 ou 2016...

D’où cette course, « plus à gauche que moi tu meurs », qui ressemble d'ailleurs à celle que Nicolas Sarkozy joue, de l'autre côté de l'échiquier politique, en reprenant la ligne Buisson, pour prendre l'UMP par sa droite. Les discours entendus hier sont ceux, en réalité d'un congrès socialiste. C'est la politique de l'effet de manche, de la petite phrase censée soulever les applaudissements des militants, mais ce spectacle aujourd'hui, ce sont les Français dans leur ensemble qui le regardent, un peu médusés, voire même atterrés... Le PS fonce dans le mur en klaxonnant, trop occupé à contempler son nombril et à se demander s'il doit être vallsite, aubriste, hamoniste, frondiste ou juste socialiste. En fait, il est juste puéril et complètement inaudible.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.