C’était le 24 octobre dernier, une opération d’évacuation de la jungle de Calais avait été menée pendant 3 jours.

8000 migrants avaient été dispersés à travers la France dans des  CAO (Centres d’Accueil et d’Orientation) par groupes de plusieurs dizaines, jamais plus. Toutes les régions avaient été mises à contribution. Ce fut une opération politiquement courageuse et logistiquement réussie, par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui affrontait la colère de nombreux élus, même si beaucoup de maires s’étaient portés volontaires. Ces centres gérés par des associations spécialisées ont ainsi accueilli 8000 migrants à travers le pays. Aujourd’hui, il n’y a plus que 7 à 800 migrants à Calais. Mais souvenez-vous des mouvements d’hostilité organisés par l’extrême-droite et parfois même par des élus. Une partie de la population redoutait un bouleversement de son mode de vie, avec l’arrivée, dans son environnement proche, de familles, plus souvent d’hommes seuls, Soudanais, Afghans, Erythréens ou Pakistanais. Souvenez-vous encore, Laurent Wauquiez, président d’Auvergne-Rhône-Alpes, disait que c’était une « folie » (c’était son mot) de demander à sa région (la 2ème plus riche de France) d’accueillir les 2800 migrants que le ministère de l’Intérieur voulait lui confier, pourtant aux frais de l’Etat ! Aujourd’hui ces migrants y sont répartis, généralement sans drame. Comme ailleurs, près de 40% d’entre eux ont obtenu le droit d’asile, d’autres l’attendent toujours, d’autres encore ont été déboutés, certains, une petite minorité, ont disparu dans la nature... Tout n’est pas rose, mais la population locale, les élus, font finalement de leur mieux. Plus de manifestations d’hostilité. On assiste partout à de la solidarité, de l’entraide. La peur s’estompe rapidement. 

Même dans les régions les plus rurales…

Bien sûr là où souvent l’appréhension était la plus forte. Prenons un exemple : L’Ariège 160.000 habitants, autant qu’un gros arrondissement parisien, 2 centres d’accueil et d’orientation. Près de 300 migrants y sont passés depuis un an. Après une période d’inquiétude d’une partie de la population, tout s’est bien déroulé, aucun des migrants en Ariège n’a été mis en cause dans une procédure judiciaire. Le puissant tissu associatif montre sa vitalité et son humanité. C’est frappant comme le discours politique national sur les migrants ne reflète pas la réalité des situations de terrain et noircit la perception que nous avons de notre pays, qui serait trouillard, méfiant voire raciste. Emmanuel Macron qui avait, pendant la campagne, incarné cette France ouverte, assez sûre d’elle pour se montrer généreuse, ne met plus cet aspect de son discours en avant et son ministre de l’Intérieur, Gérard Colomb incarne plutôt par ses propos (et c’est difficilement compréhensible) la France craintive et fermée. Tout n’est pas simple mais, dès lors que l’on casse la concentration massive de migrants dans les métropoles, la France montre qu’elle peut prendre sa part. Le nombre de migrants en dehors de tout fantasme reste, en réalité, raisonnable, digérable par notre société. Loin des peurs initiales, le bilan de leur répartition montre une France fidèle à sa tradition de terre d’accueil, bien loin de ce que laisse croire le débat national sur le sujet.

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