Un tweet présidentiel, un comité "stratégique" Blanquer / Castaner... Le gouvernement n'a pas attendu pour réagir à la vidéo polémique du week-end.

L’édito politique, signé Yael Goosz : l’hyperréactivité du gouvernement face aux insécurités du quotidien…

Oui, hypersensibilité, voire fébrilité ! Ce week-end, Emmanuel Macron n’attend pas pour tweeter et condamner le comportement de cet élève de Créteil braquant sa professeur. Une réaction à la vitesse des réseaux sociaux : l’ordre à rétablir sera double, Blanquer et Castaner main dans la main. Police et école, même combat républicain. 

Un tandem très politique : le maillon fort de la macronnie, respecté à droite, le Sage Blanquer, apporte à Castaner, le petit nouveau à Beauvau, la crédibilité dont il a besoin. Superflic décline le mot fermeté et superprof disserte sur l’ordre. Avec une prime à Blanquer, beaucoup plus réactif depuis dimanche. 

Mais Yael, en s’agitant de la sorte, est-ce que le gouvernement ne renforce pas le sentiment d’insécurité qu’il est censé combattre ? 

C’est le risque, mais sans réaction, l’effet viral de la vidéo aurait ruiné les efforts du gouvernement : si l’Education et la sécurité sont une priorité d’Emmanuel Macron et voient leur budget grimper, il faut que ce soit visible ! Sinon c’est que l’Etat investit l’argent public en pure perte ! 

L’occasion aussi pour Emmanuel Macron de gommer ses propres imprudences, quand il vient trop confiant chez l’habitant à Saint-Martin, faire des selfies avec un jeune sorti de prison, lequel récidive ( !) une fois le Président rentré à Paris.

Finalement, les incivilités du quotidien finissent par être aussi anxiogènes que la menace terroriste. Défi immense, donc, pour Christophe Castaner ?

D’autant plus que son prédécesseur lui a savonné la planche. Souvenez-vous des mots de Gérard Collomb avant de partir pour Lyon : « la situation est très dégradée, dans les quartiers c’est la loi du plus fort qui s’impose. On vit côte à côte, mais je crains que demain on vive face à face. » 

Brutal aveu d’échec… Et patate chaude refilée à Castaner, sur qui reposent aussi la politique migratoire et la future organisation de l’islam. Une fragilité exploitée à fond à droite et à l’extrême droite. Procès en angélisme, Laurent Wauquiez voit en Castaner la reproduction des années Jospin. Marine Le Pen prépare pour mi-novembre à l’Assemblée, un colloque sur l’ensauvagement de la société française. J’ai bien dit « ensauvagement », et non ce mot n’est pas dans le dictionnaire. 

Sous pression, Emmanuel Macron peut quand même compter sur la surenchère de ses adversaires, entre eux ! La pré-primaire à droite entre Pécresse et Wauquiez produit des effets inattendus : l’une tente de doubler l’autre sur son terrain de prédilection. Elle propose par exemple de doubler les peines dans les quartiers criminogènes… Sauf que c’est contraire à la Constitution, lui rétorque le camp Wauquiez. Le président des LR qui communique, lui, sur sa région et ses portiques à l’entrée des collèges et des lycées, 240 établissements équipés d’ici deux ans. 

La bataille de la sécurité, c’est l’autre campagne à laquelle la jeune République en Marche doit se préparer, sans pouvoir s’appuyer sur l’expérience d’un Manuel Valls, parti lui aussi faire campagne contre l’insécurité, mais loin d’ici, à Barcelone. Emmanuel Macron va peut-être finir par le regretter.

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