… de quoi faire pâlir d’envie et Nicolas Sarkozy et François Hollande !

Oui, les électeurs Allemands, eux au moins, reconduisent leurs sortants (ça doit être dur à encaisser pour Nicolas Sarkozy)…et ils acceptent une politique de maitrise budgétaire (de quoi faire rêver François Hollande). Au-delà de la victoire du style et de la personne d’Angela Merkel, les deux seuls partis qui voient leurs scores s’améliorer par rapport à la dernière élection sont la CDU et, dans une moindre mesure, le SPD. La CDU version très modérée puisqu’Angela Merkel a fait une campagne de centre droit avec quelques accents sociaux pour couper l’herbe sous le pied des sociaux démocrates. Ces derniers ont aussi fait une campagne relativement centriste, à l’image de ce qu’ils sont depuis l’ère Schroeder. Bref, la modération que représentent à eux deux la CDU et le SPD (plus les 8% des écologistes, eux mêmes très sages) totalisent 76% des voix ! La bonne santé économique de l’Allemagne y est certainement pour beaucoup. Un taux de chômage à 6% et des résultats macroéconomiques élogieux ont de quoi rendre assez fier les électeurs. Pourtant la situation sociale de nombreux travailleurs pauvres, les inégalités salariales grandissantes, auraient pu peser. L’Allemagne semble épargnée par un phénomène que l’on rencontre partout en Europe : la monté de la défiance en vers les partis classiques.Oui, les partis populistes et les extrêmes n’ont pas brillés hier en Allemagne !

Non et pourtant à la gauche de la gauche le discours selon lequel les fruits de la prospérité sont mal répartis avait sa pertinence… puisque les inégalités augmentent! À la droite de la droite, le sentiment que l’Allemagne, (rigoureuse pour 27) doit sans cesse payer pour sauver l’Europe du sud, jugée socialement laxiste et fiscalement irresponsable, aurait pu avoir beaucoup plus d’échos. Mais non, les allemands sont restés relativement centristes et modérés. Même leur parti populiste à droite de la CDU/CSU, Alternative fur Deutchland n’obtient pas d’élus. L’AFD, qui souhaite la sortie de l’Euros et l’arrêt de toute aide au pays du sud de l’Europe, reste plus présentable que le FN. Il refuse le cousinage avec le parti d’extrême droite français qu’il juge raciste. A la gauche de la gauche, Die Linke n’est pas comparable au Front de Gauche. Son programme économique serait plus proche de l’aile gauche du PS français. On sait bien que pour des raisons historiques l’Allemagne réunifiée reste rétive aux extrême-droites comme aux extrême-gauches mais il y a un autre facteur qui explique que les électeurs allemands ne sombrent pas dans le populisme et refusent les extrêmes… Il se trouve que les hommes et femmes politiques, de ce coté ci du Rhin, font un truc qui peut nous paraître un peu fou, a nous français…. Voir même suspect : Ils ne font quasiment pas de promesses pendant leur campagnes électorale…et quand ils en font…figurez-vous qu’ils les tiennent !! Ils disent ce qu’ils font et ils font ce qu’ils disent ! L’esprit de coalition et de contrat de gouvernement domine et oblige la classe politique allemande à établir une certaine cohérence entre ses paroles et ses actes…. Les hommes politiques français qui ne cessent de citer l’Allemagne en exemple… pourraient peut-être commencer par s’inspirer de leur voisins d’outre Rhin en matière de promesses électorales, et en matière de cohérence entre les mots et les actes.

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