Le Premier ministre, Manuel Valls et le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, visitant Airbus à Hamburg, le 22 septembre 2014
Le Premier ministre, Manuel Valls et le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, visitant Airbus à Hamburg, le 22 septembre 2014 © Axel Heimken/DPA/MAXPPP

Il ne s’agit pas d’un épisode de plus de la vie privée de l’un de nos dirigeants politiques Non, il s’agit de notre impuissance publique, notre incapacité à faire des réformes. L’UMP, comme le PS estiment qu’il faut adapter la France à la mondialisation et lever des « blocages » sociaux pour faire repartir la croissance. Le problème c’est qu’ils n’y arrivent pas ! Nicolas Sarkozy avait dit qu’il le ferait, il ne l’a pas fait… François Hollande n’avait pas dit qu’il le ferait… maintenant il veut le faire. Mais en vain. Et hier, à Berlin, Manuel Valls est allé tenter de convaincre Angela Merkel que Paris n’était pas sujet à ce mal, un peu honteux qu’est l’impuissance (« honteux » dixit Nicolas Sarkozy)…. Merkel a été polie et délicate, comme on doit l’être dans ces cas-là. Elle a tenté de rebooster notre égo et s’est gentiment extasiée devant les « efforts impressionnants » déployés par la France pour surmonter ses blocages… Mais on sentait bien chez notre voisine une forme de lassitude un peu navrée devant l’évidente défaillance de la France. Depuis trop longtemps. Nicolas Sarkozy, avec son énergie légendaire, sa fougue et ses annonces incessantes n’y est pas parvenu. François Hollande avec son art de la négociation, son sens du compromis, pas plus. Ni la rudesse, ni la douceur ne semble opérer. Alors dans les cas d’impuissance qu’est-ce que l’on demande à son principal partenaire ?

Qu’il vous stimule !

Voilà ! Exactement qu’il vous stimule un peu… qu’il s’active pour relancer la machine…de la croissance! Parce qu’on a beau dire il y a aussi un aspect mécanique dans tout ça. C’est ce que Manuel Valls est allé demander à Berlin. Ça s’est passé, comme il se doit, au cours d’un déjeuner en tête à tête. Mais Valls s’est pris un râteau politique ! Merkel et l’Allemagne ne veulent plus de promesses, ne voient pas pourquoi ils changeraient leurs propres pratiques qui leur donnent entière satisfaction. Nous devons nous stimuler tout seul, nous faire un peu violence. Notre constitution et notre culture politique ne favorisent pas la réforme ? Il faut donc entamer une réflexion sur nous-même. Mais en même temps, il faut avancer. Des positions nouvelles ou même des accessoires peuvent parfois être utiles pour lutter contre l’impuissance. Il faut avoir l’esprit ouvert. Pourtant nos dirigeants semblent vouloir remettre au gout du jours des vielles pratiques à la papa. Des pratiques un peu hard : Le 49.3, le vote bloqué. Des pratiques, disons très collectives : le référendum, proposé par Nicolas Sarkozy. D’autres se demandent s’il ne faut pas introduire une dose de proportionnelle pour diversifier les sensibilités mais uniquement dans la chambre. C’est une option appréciée dans le reste de l’Europe. Ils en sont contant. Ce n’est pas dans notre culture mais il faut parfois avoir les idées larges pour surmonter ses blocages. Le drame de l’impuissance n’est pas une fatalité. Et la vraie solution, tout le monde le sait, passe par le dialogue et l’écoute de l’autre. Et ça nous en avons perdu l’habitude.

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