Ce matin on s'interroge sur le vide politique que laisse Nicolas Hulot en refusant de se présenter en 2017…

Oui parce qu’il y a une préoccupation majeure qui monte dans la société et qui n’a plus de traduction politique équivalente à l’ampleur de l’enjeu qu’elle représente. C’est la question du réchauffement climatique et des transformations très rapides, très profondes que ce phénomène va engendrer. En écoutant les discours (en entier !) des concurrents à la primaire de la droite et du centre, on est stupéfait. Le réchauffement climatique, le changement de logique économique qu’il impose, la transition énergétique qu’il commande sont des sujets oubliés, alors qu’au regard de ce qui va peser sur nos vies dans les années qui viennent, ces thèmes devraient structurer les nouveaux clivages. Une grande partie de la population (et d’élus locaux de tous bords d’ailleurs) y est, elle, sensible, et commence déjà à imaginer et mettre en œuvre d’autres modes de production et de distribution industrielle ou agricole, plus en phase avec le monde qui vient ! Mais à part quelques relents de climato-scepticisme opportuniste dans le cadre d’une campagne qui semblent ne s’adresser qu’au dixième le plus conservateur de l’électorat français, la primaire de la droite ignore donc totalement le sujet. Même Alain Juppé, qui a pourtant œuvré avec imagination pour faire reculer la place de la voiture à Bordeaux, ne se risque pas à mettre ce sujet en avant, en ce moment du moins. NKM n’a eu ses parrainages que de justesse parce que des parlementaires de droite s’inquiétaient de voir leur camp n’aligner que des hommes pour la primaire, pas parce qu’il fallait mettre la question écologique dans la campagne. La crise des migrants, les attentats, semblent avoir irrémédiablement détourné les yeux de l’équipage LR du Titanic de l’iceberg qui est devant nous. Et celui-là ne fond pas !

La gauche manifeste quand même plus d’intérêt pour la question.

Oui, d’abord il y les écologistes. Ils ont l’immense mérite d’avoir alerté le monde, mais EELV semblent bunkerisés dans une logique groupusculaire déprimante. Le Front de Gauche, c’est vrai, met, avec son concept d’éco-socialisme, l’écologie comme matrice importante de son programme économique. Et de nombreuses personnalités, à l’intérieur du PS, sont désormais convaincues que le dérèglement climatique est dramatiquement sous-traité par leur parti. La gauche divisée jusqu’au divorce sur l’économie, pourrait se retrouver autour de la préoccupation écologique. Les sociaux-démocrates et les tenants d’une gauche plus interventionnistes ne se parlent plus mais les motifs de leur dissension sont aussi dépassés que ce qui opposait la marine à voile et la marine à vapeur. Leurs deux modèles, basés sur le productivisme, sont obsolètes et c’est en travaillant à un projet compatible avec les exigences de l’environnement que la gauche pourrait retrouver son ciment et même élargir son audience au-delà de ses limites habituelles. François Hollande qui prétend pouvoir se représenter en rassembleur l’a-t-il compris ? Pour l’instant rien ne l’indique.

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