Environnement et immigration, les deux thèmes qui dominent l’actualité politique.

Sans doute pour longtemps et  ils vont peut-être structurer le nouveau clivage qui tarde à apparaître. On a parlé de progressisme vs conservatisme, de libéralisme vs souverainisme, l’élite contre le peuple, cosmopolites contre enracinés... 

Mais aucun de ces clivages n’est assez englobant pour décrire les angoisses et les espoirs qui traversent les sociétés démocratiques comme la nôtre. 

Pour l’instant, en l’absence d’opposition de deux projets globaux alternatifs à la droite et la gauche, ce sont des grands sujets qui occupent le débat. Autrefois, chaque sujet de l’actualité était recyclé et digéré par la droite et la gauche. Il y avait une solution de droite et une solution de gauche qui permettaient à chacun de s’y retrouver, de voter en cohérence, suivant des rails idéologiques tracées, prévisibles et bien pratiques… C’était l’époque de l’affiliation politique. 

Chacun, ou presque, de par sa condition sociale, son histoire et celle de sa famille, était affilié à une lignée politique… quitte, parfois, à rompre avec elle. On vibrait soit pour le ‘baptême de Clovis soit pour la fête de la fédération’ pour reprendre l’image de Marc Bloch. On était ému à l’évocation du massacre des chouans ou par celui du mur des fédérés, on vénérait les anciens combattants ou l’on chantait la butte rouge. La gauche avait son récit, ses héros, la droite avait les siens…   

Et c’est fini…

Oui, il y a de grandes figures nationales que tout le monde revendiquent, le RN aujourd’hui cite Jaurès, la gauche a intégré de Gaulle, tout le monde célèbre Simone Veil… Et en cœur, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Yannick Jadot, Emmanuel Macron, disent, chacun à leur façon, qu’il faut dépasser, le clivage gauche/droite. Dès lors, les grands sujets politiques nous submergent, en désordre et sont traités au rythme hystérique de l’essoreuse des réseaux sociaux et du clash permanent recherché par certaines chaines tout-info. 

Chacun s’accuse d’instrumentaliser l’immigration ou l’écologie, ou d’être dans le déni de réalité. Ces deux sujets génèrent même des angoisses vitales d’apocalypse : collapsologie ou grand  remplacement. Chaque parti se positionne en décidant lequel des deux sujets (parmi l’écologie et l’immigration) sera en tête de ses préoccupations. Pour le RN évidement, c’est l’immigration ! Mais Marine Le Pen prend bien soin d’avoir aussi un discours sur l’écologie. A l’autre bout du spectre, les écologistes (c’est leur raison d’être) mettent la menace environnementale en avant… 

Mais, en ce moment, Yannick Jadot travaille à élaborer un discours sur l’immigration qui ne sera pas celui de l’angélisme habituel des verts. La France Insoumise, le PS et LR hiérarchisent les deux sujets chacun à leur manière. La République En Marche, ça dépend des jours et de l’agenda du président… 

Mais pour l’instant, immigration et environnement sont vécus comme deux menaces, deux angoisses. Comme projet possible la question de l’immigration conduit à une forme de nationalisme. L’écologie peut, elle,  dessiner aussi un projet plus novateur d’organisation de la société et un nouveau contrat social. Le choix de mettre en avant l’immigration  ou  l’environnement, voilà sans doute ce qui va redonner du contenu à une nouvelle droite et une nouvelle gauche.

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