Arnaud Montebourg, candidat à la l’élection présidentielle, semble méfiant quant à l’organisation de la primaire.

Arnaud Montebourg, candidat à la l’élection présidentielle, semble méfiant quant à l’organisation de la primaire.

Oui… et ça ressemble, à une méfiance tactique. Arnaud Montebourg dit ne pas être certain de l’honnêteté de l’organisation de cette consultation qui devrait pourtant être conçue sur le modèle que celle de 2011, mise en place par… Arnaud Montebourg… avec les mêmes garanties et le même nombre de bureaux de vote. Il exige un premier secrétaire du PS neutre, alors qu’en 2011, primaire de référence, la première secrétaire était Martine Aubry, elle-même candidate !

L’ancien ministre du redressement productif sur-joue la méfiance parce qu’il veut, en fait, entretenir un lien avec les électeurs de la gauche alternative, protestataire, communiste ou écologiste. Il ne peut espérer faire un bon score, et même gagner une primaire socialiste que s’il entraîne sur son nom des écologistes et des électeurs de la gauche radicale. Or, les écologistes ont leur primaire et la Gauche de la gauche a son candidat en la personne de Jean-Luc Mélenchon. Dans le seul cercle de l’électorat socialiste, certes, François Hollande n’est plus tellement en odeur de sainteté mais il est toujours devant Arnaud Montebourg et les frondeurs…

On n’imagine pas, quand même, qu’Arnaud Montebourg se présente en dehors de la primaire socialiste ?

Non, bien sûr… il y viendra mais une période de défiance affichée envers l’appareil socialiste lui parait utile pour s’assurer le soutien des électeurs les plus déçus par le PS. Mais cette primaire est paradoxalement très importante, elle peut être passionnante et utile pour la gauche. Ce pourrait être une vraie primaire de choix, notamment de la ligne économique et du rapport à l’Europe, qui permettrait un débat que les socialistes ont en permanence mais ne tranchent jamais. Débat qui se solde généralement par des synthèses savamment rédigées pour contenter tout le monde mais inapplicables dans le cadre de l’exercice du pouvoir.

Cette primaire pourrait être décisive pour l’avenir de la gauche de gouvernement, justement parce que le candidat socialiste désigné, quel qu’il soit, aura peu de chance d’être président en 2017 -sauf accident politique grave à droite. Dans une primaire qui désigne un candidat à la présidentielle qui a la quasi certitude d’entrer à l’Elysée, les positionnements de chacun sont minés par les enjeux de pouvoir. C’est ainsi que Montebourg avait rallié Hollande en 2011 alors qu’il était plus proche, idéologiquement de Martine Aubry, c’est ainsi que François Baroin et Gerald Darmanin, par souci tactique de complémentarité, rejoignent l’équipe de Nicolas Sarkozy où ils auront plus de poids qu’auprès d’Alain Juppé pourtant plus proche de leurs idées.

Dans une primaire pour désigner le chef de l’opposition, ces contorsions sont inutiles. La bataille est frontale, idéologique, beaucoup plus claire, puisqu’il n’y a pas de poste de ministre à gagner…Une primaire qui opposerait Arnaud Montebourg à Manuel Valls ou François Hollande représenterait une possibilité offerte aux électeurs de la gauche de gouvernement de trancher enfin un débat que le PS n’a jamais su trancher lui-même.

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