L’édito politique de Françoise Degois. ___Martine Aubry, la première secrétaire du Parti Socialiste, lance aujourd'hui à Toulouse la campagne du PS pour les élections européennes, sur fond de réconciliation au sommet avec Ségolène Royal. Les deux femmes défileront ensemble le 1er mai et ce matin, j'ai juste envie de dire « Bravo les filles ! » Non pas par idéologie, ou candeur... Qui peut croire aujourd'hui que Martine Aubry et Ségolène Royal s'entendent comme larronnes en foire ? Personne Non ! Bravo car par les temps qui courent, deux femmes qui affichent, même une unité de façade dans cet univers de macho, et ben laissez-moi vous dire que ça fait du bien. Et ne m'en veuillez pas si ce matin, je me lance dans une défense totalement subjective des femmes en politiques. Prenons le cas médical - si on en croit l'UMP - de Ségolène Royal, qualifiée de folle. Ça évite de dire hystérique, atteinte de délire, priée d'aller se faire interner d'urgence. Voilà grosso modo ce qu'en pensent Frédéric Lefevre et même François Bayrou. J'ai donc été chercher la définition de folle dans un dictionnaire : étrange, imprévisible, bizarre. Bien... Au-delà de la grosse ficelle qui consiste à enfermer l'adversaire dans un registre qui l'abîme inévitablement, je me demande si dans un passé récent, nous n'avons pas assisté à ce type de comportement : bizarre, imprévisible, peu sensé... Je me souviens notamment d'un certain « casse-toi pauvre con », qualifié par l'UMP de réaction un peu excessive certes mais démontrant la marque d'un franc parler qui honorait le franc parleur. Je guette aussi les critiques qui montent sur Martine Aubry, notamment sur son absentéisme. Toujours à Lille, jamais à Solférino... elle tient pas la boutique ! Je ne voudrais pas avoir la cruauté de rappeler que sous le règne précédent, il était impossible d'apercevoir à partir de mercredi soir, le moindre costume cravate dans les couloirs de la maison. Et puisqu'on parle d'absentéisme, je ne voudrais pas avoir la cruauté de rappeler le classement récent des députés européens. Tiens, tiens... c'est la socialiste Pervenche Beres, toutes étiquettes confondues, qui arrive en tête. Et, bon dernier... qui ça ? Vincent Peillon, qui a pourtant, reconnaissons-le, une tête de premier de la classe. Prenons enfin le cas de Rachida Dati, certes très légère sur ce fameux meeting européen... Ça, ça n'arrange pas mes affaires mais qui, après avoir été portée aux nues, essuie depuis des mois les effets disproportionnés de sa répudiation ? Quel homme aurait eu à subir, en l'espace de 3 mois, 2 livres à charge ? Aucun... Il n'y a pas d'exception française, apparemment. Parlons d'Hillary Clinton. Vu d'ici, la campagne des primaires américaines fut digne d'un épisode de la « petite maison dans la prairie ». Combien de photos publiées en critiquant ses rides, sans parler des photo-montages porno et des pancartes à l'entrée de certains meetings sur lesquels on pouvait lire « Repasse ma chemise ». Imaginez le ramdam si, à l'entrée des meetings de Barack Obama, on avait eu des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire « Cire mes chaussures ! » Oui... Si l'homme noir, selon Nicolas Sarkozy, n'a jamais pris sa place dans l'histoire, que dire des femmes ! On ne reviendra même pas sur ce qu'a subi Angela Merkel en Allemagne, face à ce monument d'élégance, de beauté et de courtoisie dénommé Gerhard Schroeder. Une pensée aussi ce matin pour Tzipi Livni, qui a gagné deux fois des élections et ne gouverne pas. La faute au système, la faute aussi au déluge machiste de la campagne. Procès en incompétence, en indécision, en mauvais caractère... et patati et patata... Exit Tzipi, et place à ce gouvernement israélien qui fait un peu famille Adams ! Mais les femmes ne sont pas des anges non plus. Dans un monde d'hommes, il faut forcément développer un système de défense et d'attaque qui s'accorde assez peu avec les qualités supposément attribuées aux femmes. Mais trop soumises, trop rebelles, trop masculines, trop féminines, pas assez gentilles, pas assez... le plafond de verre est bien là. Coup de poing après coup de gueule, il finira bien par céder, ça aussi par des images symboliques, comme Martine Aubry et Ségolène Royal ensemble pour le 1er mai.... Bravo les filles !

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