Vous revenez sur un aspect de l’interview d’Alexis Corbière, hier à ce micro.

Oui sur un aspect étonnant de la position de LFI qui empêche, beaucoup d’électeurs, de voir en JL.Mélenchon une alternative souhaitable. Alexis Corbière, hier, donc, accordait autant de crédits (et peut-être même plus) aux dénégations de Moscou et Damas, s’agissant de la responsabilité des attaques chimiques sur la population syrienne, qu’aux informations des occidentaux. C’est dans la tradition d’une bonne partie de la gauche que LFI se prononce contre les frappes franco-américaines, puisqu’en fervents défenseurs du multilatéralisme, les Insoumis, fort logiquement, considèrent que mener une action militaire sans mandat de l’ONU est inadmissible. C’est une position cohérente partagée bien au-delà de ce camp. Mais c’est une chose de motiver cette opposition par la légalité internationale, c’en est une autre d’accorder autant de crédit à la parole d’Assad et Poutine qu’à celle d’Human Ritgh Watch, Amnesty, des experts de l’ONU et la quasi totalités des ONG (pas spécialement réputés pour leur allégeance à l’Amérique), des chercheurs indépendants, spécialisés sur le sujet… sans parler des médecins volontaires, des journalistes de terrains des pays ou la presse est libre ! LFI fait un incroyable dos à dos sans discernement. Plus de 85 attaques chimiques contre des civils ont été dénombrés, documentés ces dernières années, généralement sur des quartiers, non pas sous contrôle de l’Etat islamiques mais bien souvent de toutes sortes de rebelles. Plus les rebelles étaient modérés, plus ils étaient spécifiquement visés, afin qu’aucune alternatives démocratiques n’émerge. Comment la LFI, préoccupée par le sort des plus opprimés peut-elle accorder un crédit égal (ou un doute égal) à deux régimes autoritaires d’un côté et à l’ensemble des ONG indépendantes de l’autre ?

D’où vient cette position ?

De loin… de beaucoup trop loin ! JL Mélenchon a une sainte détestation de l’impérialisme capitaliste américain. Et il a de bonnes raisons. Il connaît bien et aime, un autre continent, l’Amérique du sud. Il sait à quel point les Etats-Unis y ont œuvré pour tuer toutes expériences socialistes ou de libération. Il fut un temps ou lorsqu’elle était anti-américaine, une partie de la gauche était prosoviétique. L’histoire a montré que c’était une terrible erreur. Il semblerait que la détestation de l’Amérique de JL. Mélenchon, l’aveugle, l’empêche de voir que la société civile américaine et européenne, le monde associatif et la presse, y ont quand même une liberté d’action supérieure qu’en Russie et que s’agissant d’évènements comme les attaques chimiques en Syrie, il est inconcevable de renvoyer dos à dos les infos russes et celles de la presse occidentales et de toutes les organisations non-gouvernementales. Pourquoi donner du crédit à un manipulateur d’informations comme Poutine sous prétexte qu’il s’oppose aux américains ? On peut détester deux impérialismes à la fois et distinguer le degré de liberté qui règne dans leurs sphères d’influences ! Sans quoi le doute autoritaire sur JL.Mélenchon subsistera et consolidera ce plafond de verre qui limitera drastiquement son influence à gauche.

L'interview d'Alexis Corbière est à redécouvrir ici

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