Qu’est-ce qu’un journaliste ? Voilà qui mérite d’être reprécisé régulièrement…

Et  par exemple aujourd’hui, alors qu’un journaliste, Gaspard Glanz, a été  mis en garde à vue pour un doigt d’honneur en direction  des forces de l’ordre après s’être fait bousculer par un policier. Qui a  raison, qui a tort, qui a provoqué qui ? En tout état de cause, une  garde à vue pour un doigt d’honneur, certes répréhensible, et  l’interdiction, par la justice, de couvrir les prochaines  manifs  interrogent. N’est pas journaliste n’importe quel gogo qui  manifeste avec une Go Pro. Gaspard Glanz, lui, est un journaliste au  long court, engagé, très engagé. Il donne des informations partielles  sur des thèmes qui lui tiennent à cœur : le maintien  de l’ordre (il dira plutôt la répression) sur les Gilets Jaunes, mais  avant cela, à Notre-Dame-des-Landes ou à Calais sur le traitement  réservé aux migrants. Il a notamment révélé que des policiers s’étaient  déguisés en journalistes dans certaines manifestations.  En revanche, son travail ne dit rien de ce que subit la police. Pour  avoir une information complète, il faut s’informer sur les médias plus  grand public, moins engagés,  qui tentent d’intégrer l’intégralité des  points de vue et des angles. Néanmoins, Gaspard  Glanz apporte ses images inédites, sa pierre à la vérité. Il le fait  selon les canons journalistiques s’agissant du rapport à la vérité  factuelle. Il n’est d’ailleurs pas poursuivi pour le contenu de ses  reportages. Ses commentaires sur les réseaux sociaux,  souvent outranciers, montrent qu’il est d’une gauche très radicale.  Mais il y a des journalistes d’extrême-gauche, d’extrême-droite, de  droite, de gauche, écolos, royalistes, anarchistes… il y aussi des  journalistes qui séparent, du mieux qu’ils le peuvent,  leur travail de leurs opinions. Le point commun entre eux tous (au-delà  de savoir s’ils ont une carte de presse), c’est le statut de ce qu’ils  rapportent. Un journaliste doit avoir (et sur la durée)  un rapport  clair avec la réalité factuelle. Ce qu’il rapporte  doit être vrai, contextualisé et hiérarchisé à sa façon…mais vrai !  Tout en disant, bien sûr, d’où il parle et qui il est !     

L’important c’est donc le pluralisme…

Voilà. Et c’est le cas en France. Un journaliste de Libération ou de Médiapart ne dira jamais qu’un journaliste du Figaro ou de Valeurs Actuelles ment (normalement du moins!)w Et inversement.  Non, il critiquera, même avec véhémence, la place donnée à un fait,  l’interprétation de sa cause ou de ses conséquences. Tout n’est pas  toujours si simple entre journalistes mais voilà du  moins le principe. Les supports de presse ont le statut d’éditeur et la  responsabilité juridique qui va avec, à la différence des réseaux  sociaux qui ne sont qu’hébergeurs. La difficulté, c’est qu’aujourd’hui,  tout le monde dispose des outils professionnels  des journalistes. Non seulement pour récolter l’info mais aussi pour la  diffuser. Dès lors, le journaliste n’est plus le seul à révéler les  faits. Son rôle n’en est que plus important puisqu’il devient celui qui  en certifie la véracité et leur donne le statut  d’information. Encore faut-il que le journalisme retrouve la confiance  du public. Pour cela, il ne faut pas lésiner sur l’explication de ce  qu’est ce métier et de ce qu’il devient dans cet univers médiatique  bouleversé.

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