L'édito politique de Franz-Olivier Giesbert

Retour sur l'année 2012 avec de grandes signatures de la presse cette semaine. Ce matin Franz-Olivier Giesbert. Année 2012, quel fut l'évenement marquant?

Désolé, chères auditrices et chers auditeurs de France-Inter, je crains de vous décevoir. La chronique de fin d’année que vous attendez, ce serait peut-être de dire : 2012 c’est fini, tant mieux, une de perdue, dix de retrouvées ! On en a assez soupé. Casse-toi pauvre conne!

Et bien non. L’année qui se termine n’a pas été si mauvaise, finalement. Elle aura été la preuve qu’il ne faut pas désespérer des peuples, qu’ils peuvent rester sourds aux sirènes de la démagogie, qu’ils sont plus réalistes et responsables qu’on le dit généralement.

Dans un contexte économique difficile, les Américains ont réélu Barak Obama parce qu’ils ne croyaient pas que le candidat du parti républicain disposait d’une baguette magique, comme il le prétendait, pour résoudre les problèmes qui se poseraient à eux.

L’an dernier, les Italiens ont confié leurs économies à un Père la Rigueur, une sorte de Raymond Barre à lunettes et en plus maigre qui a commencé à redresser le pays. Avec lui les Italiens, querelleurs et insouciants, ces sortes de Français en pire mais toujours de bonne humeur, eux, ont donné à leurs cousins français une leçon de sérieux. Une leçon qui a été retenue. Car les Français, on ne les reconnaît plus. En effet, lors de sa conférence de presse du mois dernier, François Hollande a parlé vrai, comme aucun Président de la République française ne l’avait fait jusqu’à présent. Sur l’urgence de la réduction des dépenses publiques, qui seule permettra de désendetter la France, sous peine de finir comme la Grèce ou un pays de seconde zone.

Vous me direz que ça n’a pas amélioré la cote de popularité de François Hollande. Soit. Au niveau où il est tombé, il va bientôt finir par trouver du pétrole... Mais s’il réussit à redresser le pays et à faire repartir la croissance après une cure de rigueur, vous verrez, il est même possible qu’il soit réélu contre un autre candidat de l’UMP désormais requinqué.

A une condition : que la gauche de la gauche ne lui fasse pas la guerre et accepte de le laisser assainir les comptes. Sur ce plan, ce n’est pas joué. La droite française a souvent montré qu’elle était la plus bête du monde. Vous avez pu le vérifier après le putsch raté de Copé à l'UMP. La gauche française a un an – l’année qui vient - pour prouver qu’elle n’est pas, elle-aussi, la plus bête du monde.

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