Réponse : oui ! La République en Marche a même prévu un kit de réponses, si jamais le Père Noel enfile un gilet jaune...

Demain, c'est Noel, Yael, est-ce que c'est vraiment le moment de nous gâcher le réveillon avec un édito politique ? Franchement...

Si, si, Frédéric, parce que je crois à la théorie de la dinde, ou de la bûche comme vous voulez ! Cette théorie selon laquelle la politique cristallise à Noel… Quand elle se faufile dans les repas de famille, qu’elle anime, souvent, électrice, toujours, la conversation. La République en Marche l'avait parfaitement compris en 2017. Pour les fêtes, le mouvement avait envoyé à ses 400.000 adhérents un kit, pour qu'ils sachent comment parer à toute situation si l'oncle Robert ou le cousin Rémi se mettait à critiquer E. Macron.

Qu'est-ce qu'on pouvait y lire, comme conseils ?

Qu'au tonton grincheux, il fallait répondre : "le Président agit vite et fait ce qu'il a dit dans la campagne". Qu’à la mamie fâchée pour la CSG, il fallait dire : "tu sais, mamie, les 40% de retraités modestes ne sont pas impactés." Qu’à votre maman inquiète des hausses de taxes... "Regarde l'appli pouvoir d'achat de Bercy, tu verras que c'est faux". 24 décembre 2017, c'était l'âge d'or des premiers de cordée, bientôt Emmanuel Macron enjamberait la ZAD de Notre Dame des Landes et réformerait l'irréformable, la SNCF.

Mais tout ça, Yael, c'était avant les gilets jaunes...

Et on ne voit pas quel kit La REM pourrait proposer à ses adhérents pour le réveillon... Ou alors si : un kit de survie. Et pourtant, contre toute attente, les adhérents ont de nouveau reçu un mail, ce week-end, pour leur indiquer la marche à suivre à table. La liste des fake news à déminer, les grands messages, « le travail doit payer plus », et la posture d’écoute : repérer les bonnes idées de son interlocuteur pour les faire remonter dans le grand débat national de janvier. 

Mais avant d’être national, il sera familial le débat, ce soir. Il y aura forcément un gilet jaune, ex ou sympathisant, dans l'arbre généalogique.

"- Fiston, tu crois qu'il va le finir son quinquennat, Macron ? 

- Bien sûr, papa, les institutions sont solides, Edouard Philippe l'a dit après le saccage de l'Arc de Triomphe. Au fait, tu es allé à la mairie écrire tes doléances ? 

- Ah non... Pourquoi ? 

- Bah il faut participer au grand débat, tu vas pouvoir parler de tout, des impôts et même un peu d'immigration."

- Ah tiens, on n'a qu'à en faire, un référendum sur les immigrés", dira Tante Marine... "Comment ils disent déjà ? Un "RIB" ? 

- Non, tata, un RIC, calme-toi, on ne peut pas tout décider par référendum... Y'a des sujets complexes..."

On imagine la galère du militant En Marche seul contre tous... 

Plus seul encore qu'Amélie de Montchalain, un dimanche soir à la télé, face à Todd, Piketty et Dupont Aignan réunis... 

"- Au fait, fiston, Macron il a lâché des milliards pour calmer les gilets jaunes. Et puis il en a donné aussi aux policiers. Mais alors, y'en a de l'argent dans les caisses ? Faut qu’il en donne aux autres !" 

Un ange passera... Et le marcheur épuisé regardera sa montre. Dans une semaine, les voeux du Président. L'an dernier il avait parlé concorde et fraternité... Tout est à refaire. Il n'a qu'à les rediffuser, après tout ? 

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.