Marc Fauvelle.

Sanction ou pas sanction ? C’est la question du jour au Parti socialiste, qui réunit ce soir son bureau national, pour évoquer le sort des frondeurs après l'épisode du 49.3. Que va-t-il se passer ?

Sans doute rien ! En tout cas, pas la grande explication souhaitée par les amis de Manuel Valls... Ce soir, les murs vont trembler un peu au PS, Jean-Christophe Cambadélis tapera du poing sur la table, soufflera dans les bronches des frondeurs, rappellera le besoin d'unité…et puis c'est tout. Pas de sanctions, pas d'exclusions... D'ailleurs, et les frondeurs en plaisantent entre eux depuis la semaine dernière, le PS serait bien en peine de savoir qui sanctionner précisément, puisqu'il n'y pas eu de vote, c'est l'inconvénient du 49.3. On ne sait pas qui, dans cette partie de poker menteur, aurait osé aller jusqu'au bout. Ce soir, ce sera donc une sorte de paix armée, chaque camp venant tout de même avec des munitions cachées au fond des poches, au cas où les choses tourneraient mal... Un proche de Francois Hollande a ainsi préparé une charte de bonne conduite qu'il est prêt à soumettre aux votes de ses camarades ce soir... En face, les frondeurs rappelleront que le PS n'a jamais été un parti coupeur de têtes, ce qui est vrai, et que c'est François Hollande qui a changé de ligne en cours de mandat, et pas eux. L'un de ces frondeurs a ainsi prévu, si on lui cherchait des poux, de brandir la liste des 120 députés et sénateurs PS, qui ont voté contre un texte du gouvernement, ne serait-ce qu'une fois depuis le début de la mandature. "Est-ce qu'eux aussi, on va les virer ?" fait-il mine de s'interroger, persuadé comme beaucoup de ses collègues qu'une forme d'immunité les protège jusqu'au congrès du PS.

Et ce congrès, prévu au mois de juin, est en train de paralyser la machine socialiste…

L'Elysée avait pourtant pris les devants, en interdisant à ses ministres de signer la moindre contribution pour ce congrès...

Mais le parti, et le groupe parlementaire eux, ont plongé à pieds joints dans la lutte d'appareil, où chacun se tient par la barbichette.

Jean-Christophe Cambadélis a été l'un des premiers à critiquer la loi Macron, qualifiée de fourre-tout. Comment pourrait-il aujourd’hui en devenir le grand défenseur ?

Il ne peut pas le mardi taper sur les doigts des amis de Martine Aubry, et dès le lendemain essayer de convaincre la maire de Lille de le rejoindre pour conserver son poste à la tête du PS.

Les frondeurs eux non plus n'ont pas intérêt à faire exploser le parti. Ils savent que leur statut de poils à gratter de l'intérieur leur assure une tribune médiatique bien supérieure à ce qu'est leur poids au sein du groupe. Au final, tout le monde, finalement a intérêt à ce que rien ne change, à conserver ce drôle d'attelage bringuebalant qu'est devenu le parti socialiste. Avec un risque très clair : c'est qu'à force de repousser indéfiniment la question de la ligne économique, ils finissent par y perdre en chemin des électeurs qui ne savent plus aujourd'hui à quelle nuance de rose ils appartiennent.

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