Les amis de Ségolène Royal ont commencé à monter au créneau hier pour la défendre. Mais pour l'instant, la candidate socialiste semble faire du surplace dans la campagne. Elle semblait avoir trouvé la pierre philosophale. Du plomb, elle faisait de l'or. Désormais, quoi qu'elle fasse, on dirait qu'elle plombe sa campagne. Souvenez-vous, il n'y a pas si longtemps, tout réussissait à Ségolène Royal ! Rien n'accrochait sur elle, tout passait, tout glissait. Ses concurrents socialistes y perdaient leur latin et leur investiture, Nicolas Sarkozy, peu susceptible de douter, finissait même lui aussi par s'en inquiéter. Pourtant de l'iconoclaste idée d'encadrer militairement les jeunes délinquants à la demande de révision de la carte scolaire, de la réponse "pète sec" à la jeune Nolween, au franc parler dérangeant concernant le travail des profs observé sur une vidéo pirate, des "jurys de citoyens" lancés tout à trac jusqu'au voyage au Proche-Orient... en bien des occasions elle aurait pu trébucher ! Mais la candidate de "l'insoumission", comme elle se présentait elle-même, semblait intouchable, ensorcelée et ensorceleuse. Mais là, c'est comme si la lampe merveilleuse d'Aladin avait perdu de ses pouvoirs magiques. Ségolène Royal pouvait dire n'importe quoi, ça passait. Aujourd'hui, quoi qu'elle dise, ça grince et ça crisse. "Bravitude" en Chine puis "droits humains" plutôt que droits de l'homme, controverse sur les impôts engagée avec François Hollande; baisseront, baisseront pas ? La candidate tranchera parait-il, mais on n'a pas encore compris dans quel sens. Une loi pour protéger les femmes battues, vite ! Ce sera ma première mesure dit-elle. C'est en vigueur depuis 3 ans rétorque la droite. "Vive le Québec souverain s'enflamme-t-elle !" N'est pas De Gaulle qui veut répond la majorité, on ne fait pas de la politique étrangère avec le seul guide du routard. Les critiques deviennent aussi violentes que les louanges étaient excessives. Mais le constat est là : là où Ségolène Royal apparaissait comme une briseuse de tabou, elle est jugée aujourd'hui erratique et irresponsable. Là où on s'extasiait devant la modernité de ses débats participatifs, on attend aujourd'hui ses propositions. Là où le duo candidate/premier secrétaire du PS apparaissait comme un ticket chic, le couple Royal/Hollande devient un boulet. Pire pour elle, avant c'est Nicolas Sarkozy qui faisait peur, aujourd'hui, c'est sur son passage que l'on murmure "elle est inquiétante". Sinusoides de campagne veut croire l'entourage de la candidate. C'est possible, une campagne présidentielle est faite de cycles. Une leçon tout de même : "Si vous faites ce que je vous dis, alors je vous mènerai à la victoire" promettait impériale, Ségolène Royal, aux socialistes en novembre. Aujourd'hui, c'est elle qui a besoin de tous ses amis pour tenter de retrouver le charme rompu. Et préparer la riposte à une droite qui elle, n'a aucun tabou à afficher son objectif : juste "cressoniser" Ségolène Royal !

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