le pape en "pèlerinage en terre sainte" en mai
le pape en "pèlerinage en terre sainte" en mai © reuters
**François Hollande rend visite au pape ce matin** Oui et il y a deux façons, pour un Président français, d’aller voir le pape. Soit il s’y présente en Président d’un pays chrétien, héritier des rois qui l’on précédés depuis 1000 ans. Le Président de la France des cathédrales. Soit, c’est le Président de la République française qui rend visite au chef de l’État du Vatican. La France rationnelle, héritière des lumières et de la révolution rend alors visite à un homme influent et respecté pour son magistère moral et son poids diplomatique. Évidemment les visites des Présidents français ne sont, en réalité, jamais, totalement «fille ainée de l’Église» ou «républicaine laïcarde». Mais chaque geste, chaque mot, chaque signe du Président est scruté pour voir de quel coté il penche. Nicolas Sarkozy avait, en 2007 poussé le curseur «fille ainée de l’Église» très loin. En présence d’un pape réputé pour son conservatisme il avait plaidé pour une « laïcité positive », parlant donc de la laïcité comme on parle de la discrimination, une notion naturellement négative, qu’il convient donc de positiver. C’est là, que Nicolas Sarkozy avait aussi évoqué le rôle du curé, plus important que celui de l’instituteur pour la formation de la conscience des enfants. Au cours de son quinquennat Nicolas Sarkozy avait rectifié le tir pour tenir un discours plus classiquement laïc. **Quelle est la conception de François Hollande sur le sujet ?** Hé bien, on ne le sait pas vraiment. Il ne s’est jamais exprimé très précisément sur ces questions. Ses proches et ses premiers actes de Président le décrivent comme neutre. Ce n’est pas un laïcard passionné et militant mais tous ses discours de campagne comportaient un paragraphe solide sur la laïcité. Dans ses amitiés on compte beaucoup de catholiques pratiquants. Il a eu une éducation chrétienne, il connaît bien cet univers qui est celui de beaucoup de Français, il a été influencé par le catholique Jacques Delors, mais il n’est pas pour autant, ce que l’on appelle un « catho de gauche ». Les catholiques français restent très présents dans le monde associatif, caritatif et mènent de multiples actions de solidarité pour les plus pauvres, les mal-logés ou les étrangers. Mais aujourd’hui la frange la plus politique et la plus traditionnelle de la « catho-sphère »s’exaspère de ce président qui permet aux homosexuels de se marier, qui veut légiférer sur la fin de vie et qui laisse son ministre de l’éducation prononcer des discours aux accents de hussards noirs de la république. Les catholiques sont en perte de vitesse (il y a de moins en moins de pratiquants). Du coup, certains commencent à avoir des réflexes de minorités. Ceux-là se montrent jaloux de l’émotion officielle toujours manifestée, selon eux, dés qu’il y a des atteintes au respect des musulmans ou des juifs. Ils veulent rappeler que la France est une nation catholique. François Hollande doit tenir compte de ce fait politique, puisqu’il est garant de la cohésion du pays. Mais un président Français, et à fortiori, du XXIème siècle mondialisé, s’il ne doit pas nier que nos origines sont pour une large part chrétiennes, ne peut pas, pour autant, être le Président d’un pays chrétien ! C’est donc le président de la République française qui va rendre visite au chef de l’État du Vatican. Il se trouve que le pape François est un homme ouvert et qui manifeste certaines préoccupations en commun avec la France. En matière d’écologie ou en ce qui concerne les effets d’une finance mondiale sans contrôle. Pour ce qui est des questions de société qui font l’actualité en France, il serait incongru d’aborder le sujet, autant que si François Hollande se mêlait de la question du célibat des prêtres, par exemple ! Ça tombe bien, il faudra faire un tri puisque l’entretien ne doit durer qu’une demi-heure !
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