Il ne s’agit pas –pour le lui- de bouleverser les équilibres de la Vème République, juste, dit-on à l’Elysée, de moderniser le fonctionnement de nos institutions.

 Emmanuel Macron se trouve très bien (trop bien peut-être) dans les habits du monarque républicain. Plusieurs chantiers sont envisagés : en finir avec la Cour de justice de la République, chargée de juger les ministres (ce qu’elle faisait peu et mal), mettre fin à la possibilité pour les anciens présidents de siéger au Conseil Constitutionnel. Il faut dire que les présidents sont maintenant – comme tout le monde- bien nourris, bien soignés et donc leur espérance de vie s’allonge. Ça fait 37 ans que Valéry Giscard d’Estaing est au C.C ! A ce rythme, et avec la réduction du mandat à 5 ans, il y aura un jour plus d’anciens présidents rue Montpensier que de membres nommés. Ce sera Les Hespérides des chefs d’Etat ! Il se dit, d’ailleurs, que de Gaulle (qui ne voulait pas d’une cour constitutionnelle) avait institué le conseil -avec très peu de pouvoir à l’époque- uniquement pour en faire une maison de retraite pour René Coty, dernier président de la IVème république qui avait fini par faciliter son retour.

Bon, mais la grande affaire de la réforme, c’est la réduction du nombre de parlementaires

Oui, il s’agit de passer de 577 députés à environ 400, dont une partie élue à la proportionnelle, et de 348 sénateurs à 240. Ces élus ne pourraient plus cumuler que 3 mandats dans le temps. La réforme aura un intérêt si le président a le courage (ce n’est pas encore précisé) de la faire à coûts constants, pour doter les prochains parlementaires, moins nombreux donc, de plus de collaborateurs professionnels (pas femmes ou maris de…) afin de mieux légiférer et mieux contrôler l’exécutif…. Une telle réforme a tout pour être populaire (pour peu que les Français s’y intéressent) mais elle est combattue par la droite sénatoriale parce qu’il est dit qu’un sénateur, par fonction, est plutôt conservateur. Il est dit que le sénateur de droite, l’est encore plus et que le sénateur de droite, bon notable qui a des décennies de cumul sous le sabot, devient sa propre caricature. Il prend cette réforme comme une attaque personnelle. Toucher au nombre de parlementaires  oblige à un redécoupage complet des circonscriptions législatives et à toucher aussi à la base départementale de l’élection des sénateurs ! Déjà le président du Sénat, Gérard Larcher, conteste la composition de la commission chargée de l’éventuel redécoupage, pour des raisons que je vous épargne. Ces oppositions risquent de pousser le président à préférer le referendum au vote du congrès (sénateurs plus députés aux 3/5ème). L’affaire n’est pas simple parce que pour arriver jusqu’au référendum, il faut quand même un vote conforme des 2 chambres. Mais un référendum (c’est toujours comme ça en France) aurait un aspect plébiscitaire. La consultation deviendrait un vote pour ou contre le président. Ce référendum/plébiscite ne manquerait pas d’hypertrophier encore le surmoi monarchique présidentiel… et s’avèrerait, de fait, contradictoire avec l’idée de moderniser la vie publique.  Ce ne serait pas le seul ni le moindre des paradoxes macroniens.

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