En Allemagne, la droite et les écologistes pourraient s’allier. C’est fait en Autriche... Est-ce possible en France ?

Affiche EELV dans une rue en France
Affiche EELV dans une rue en France © AFP / Philippe Huguen

On en est loin… Mais il y a 5 ans, ça aurait été aussi inenvisageable pour les verts autrichiens

L’urgence écologique peut faire bouger bien des lignes. 

C’est vrai, les institutions autrichiennes et allemandes, foncièrement parlementaristes, imposent à tous de trouver une solution, une articulation, coûte que coûte... faire un compromis. 

On a d’ailleurs tort de parler d’alliance. Dans ce cas, le mot ‘coalition’ est plus juste. Les Grünen et la droite ne sont pas alliés (au sens où ils formeraient une synthèse programmatique)... Ils sont coalisés. 

Et pour chaque élection locale, comme pour les prochaines législatives, chacun repartira de son côté. 

Il n’y a pas comme chez nous (avec nos systèmes à deux tours) de question de désistement. 

Une coalition suppose de négocier après les élections et avant la formation du gouvernement un pacte gouvernemental, de bien définir ce que chacun apporte et de s’y tenir. Avec leur 14%,  les Verts autrichiens sont moins forts que la droite et ses 37,5%. Ils ont donc accepté de participer à un gouvernement très déséquilibré... Même si s’agissant de l’immigration, ce gouvernement fera l’exact contraire de ce que pensent les Verts. 

Werner Kogler, chef des Grünen autrichiens qui devient vice-chancelier, dit même que ce sera douloureux pour lui de voir son gouvernement appliquer une telle politique envers les étrangers. Mais c’est une question de responsabilité. 

Le principal pour les Verts, c’est d’avoir imposé un agenda de transition énergétique ambitieux. C’est un tout autre système, une toute autre culture qui impose un accord et ne permet pas de retourner devant les urnes simplement parce que les partis n’arriveraient pas à s’entendre.

Est-ce possible en France ?

C’est dur à envisager mais les combinaisons politiques, partout dans le monde, répondent de moins en moins aux anciennes logiques. 

Une alliance (parce que chez nous ce ne serait pas une coalition de compromis mais une alliance politique) apparait cependant incertaine, du fait de notre système électoral qui requiert quand même un voisinage idéologique. Et EELV est clairement à gauche. 

Sa participation au projet alternatif sur les retraites avec le PC et le PS en atteste. Il couvre d’ailleurs tout le spectre : de la gauche anticapitaliste à la gauche modérée et quasi libérale. 

EELV peut même tenter, au vu de la préoccupation environnementale qui se généralise, de devenir la force centrale d’une alliance gouvernementale des gauches. Une question va quand même rapidement se poser : EELV et LREM peuvent-ils envisager un rapprochement pour 2022 ? 

Certains Macroniens issus de la gauche ou de l’écologie comme Daniel Cohn-Bendit, Mathieu Orphelin ou Pascal Canfin, en rêvent. Il faudrait pour cela que la phase verte du mandat d’Emmanuel Macron, tant annoncée, se manifeste par des projets et des ambitions plus marquants. 

Pour l’instant, on n’y est pas ! La loi anti-gaspi qui marque pourtant de réelles avancées n’est pas de nature à faire oublier l’amputation écologiste qu’a subie la majorité avec le départ de Nicolas Hulot.

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