Donc JL.Mélenchon a parlé hier de l’échec de LFI aux européennes.

Mélenchon est toujours là, avec ses défauts, grands, et ses qualités, pas moins grandes ! Derrière une hallucinante victimisation, se cache, en réalité, une vision assez lucide des raisons de la défaites. Et une voie pour rebondir. Victimisation d’abord : LFI serait un ilot de résistance martyrisée par une oligarchie tyrannique, faite de banquiers, de patrons de presses manipulateurs, d’une police politique, d’une justice aux ordres. JL.Mélenchon se dépeint en vilain petit canard, détesté de l’oligarchie. Oligarchie, terme consacré, recouvrant  le pouvoir, les décideurs en tous genres, les autres partis et bien sûr la presse, Médiapart en tête, désigné comme valets chargés de lui faire la peau. On a du mal, en écoutant ces tirades en directe sur toutes les chaines infos (celles la même donc qui le martyrisent), à faire la part du délire de persécution et de la stratégie du conflit permanent, telle qu’il est conseillée de la mener par les manuels théoriques de populisme de gauche. Mélenchon prétend même que les perquisitions contre Gérard Colomb ont été fomentées par Macron, lui-même, furieux d’avoir été lâché par son fidèle soutien ! En entendant JL.Mélenchon décrire ainsi la dérive autoritaire macroniste, on a envie de courir à l’ambassade de Turquie ou de Russie pour demander l’asile ! On peut en rire, mais le problème c’est que JL.Mélenchon a, et pour d’excellentes raisons (culture, éloquence, sens de l’histoire), une influence sur de nombreux jeunes qu’il a eu le mérite de ramener à la politique. En évoquant un complot permanent, l’aplatissement général de la justice, une presse aux ordres, il valide d’autres théories du complot, plus graves, et place ses admirateurs dans un état de défiance totale, en vers les Institutions qui fragilisent, en suite, les mobilisations contre de vraies dérives sécuritaires. 

Mais il ne faut pas s’arrêter à cette victimsation.

Non, d’autant qu’elle n’est peut-être (faut-il l’espérer ?) que stratégique. JL. Mélenchon fait une analyse (juste, je ne sais pas mais cohérente) des autres raisons de l’échec. ‘On n’a pas réussi à fédérer’ dit-il. Il ne parle pas de fédérer les autres partis de gauche. Ça, ça ne l’intéresse plus. Non, il parle du peuple. L’échec c’est de n’avoir pas su incarner l’offre politique des Gilets jaunes. Parce que justement ce que veut porter LFI, depuis 2017, c’est cette idée de retour de la souveraineté du peuple. Mélenchon, dans sa description de ce que devait être son mouvement (surtout pas un parti) a décrit une organisation qui doit recueillir et traduire les colères populaire. Il s’y place au centre et assume parfaitement le titre de leader tribun. L’échec serait donc dû au relâchement, pendant la campagne, de la ligne mélenchono-populiste assumée. Selon les leaders insoumis, le RN gagne parce qu’il est le plus gros bâton antisystème. JL.Mélenchon doit le devenir à la place de Marine le Pen. Et pour cela, il ne s’agit pas de miser sur la finesse. Mauvaise nouvelle pour la qualité à venir du débat public, bonne nouvelle, en revanche, pour Emmanuel Macron qui voit par cette stratégie, s’éloigner l’éventualité d’une union des gauches. 

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