Ce matin, vous ne nous parlez ni de la majorité, ni de l’opposition ! Non mais d’un nouvel espace politique, ni dans l’opposition, ni dans la majorité… ou dans les deux… que l’on pourrait appeler la « majopposition » ou « l’oppojorité » si vous préférez. Je veux parler de deux forces politiques de part et d’autre du bloc majoritaire : Le Front de Gauche, d’un coté et le Modem de l’autre. Ces deux forces ne sont pas de même nature : le Front de gauche aura certainement un groupe parlementaire à l’Assemblée, essentiellement composé de députés communistes et la voix tonitruante de Jean-Luc Mélenchon raisonnera dans l’hémicycle s’il arrive à battre Marine Le Pen ! De l’autre côté, le Modem. Le mouvement de François Bayrou ne sera pas en mesure de constituer un groupe centriste à l’Assemblée. François Bayrou lui-même n’est pas certain de sa réélection ! Mais la voix centriste, celle de la personnalité de Bayrou ne s’éteindra pas pour autant et gardera une aura alors que les questions d’équilibre budgétaire, sur lesquelles il avait été prémonitoire, se feront ressentir plus que jamais. C’est la première fois qu’une majorité se retrouve ainsi cernée d’une zone floue, ni totalement hostile, ni parfaitement amie. L’UMP n’avait pas connu ça ! Le FN, d’un côté et le Modem de l’autre ont été, dès 2007 des opposants farouches et, chacun dans son style, d’une efficacité redoutable !Quelle pourra être l’attitude du Front de gauche et du Modem avec la nouvelle majorité dans la prochaine législature ? Ces deux mouvements, prennent date et se placent eux-même en situation d’ambulance d’une majorité qui, d’après eux, fonce tout droit dans le mur ou dans un platane. En gros ils attendent le crash pour pouvoir dire, on vous avait prévenu ! Et rejoindre, en situation de force, le PS pour sauver la majorité… dans un, deux ou trois ans ! Le Front de Gauche et le Modem observent donc le véhicule de la majorité mais surtout le mur, ou le platane. Jean-Luc Mélenchon estime que la volonté affichée par François Hollande de faire une sorte de rigueur de gauche sans le dire vraiment est vouée à l’échec, il pense que la compression des budgets publics n’a rien résolu, au contraire, en Grèce, en Espagne ou en Italie… et qu’il en sera de même en France (voilà le mur promis à l’actuel gouvernement). Quand la « finance (ce sont les mots de Mélenchon) s’attaquera à notre pays, il faudra que le Président s’appuie sur des têtes dures » comme lui pour y faire face. De l’autre côté, la logique est inverse mais la stratégie est la même. François Bayrou ne croit pas au programme économique de François Hollande. Il estime que le nouveau président n’a pas voulu prendre la mesure de la gravité de la situation. Pour se dégager des marges de manœuvre Hollande ne peut compter que sur l’Allemagne, les eurobonds et une autre politique de la banque Centrale européenne. Il n’obtiendra pas tout ça, estime François Bayrou. Il finira par être obligé de couper sévèrement dans les dépenses publiques. Et là, ce n’est pas sur sa gauche qu’il trouvera du soutien… mais au centre. L’alliance PS-Centre que François Bayrou avait secrètement en tête au début de la campagne présidentielle pourra enfin se réaliser… on comprend, dès lors qu’avec des amis qui attentent le mur ou le platane pour vous manifester leur amour… François Hollande rêve d’une solide majorité absolue, en juin à l’Assemblée!

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