Ce matin la réaction des élus corses aux violents incidents qui ont émaillé la rencontre Ajaccio-Le Havre

Oui ce qui est frappant dans cette affaire, ce n’est pas la violence et la bêtise de certains supporters, ça on a l’habitude et la Corse n’est pas une terre spécifique en la matière, non c’est de voir des élus (et non des moindres) reformuler et transposer dans le débat politique les inepties complotistes et victimaires de fans d’un club qui se sentent injustement traités. Alors que la Ligue Nationale de Football a pris une décision pondérée, se limitant à délocaliser le match d’après, le président de l’Assemblée de Corse, Jean- Guy Talamoni, constate, je cite «avec stupeur que le football français est l’alibi de tous les racismes anti-corses». « Tous les racismes anti-corses ! ». Lesquels ? Les mots ont un sens ! En France, il y a des Français juifs qui doivent déménager, victimes de racisme, il y a des Français arabes qui se voient refuser une embauche ou un logement à cause de la consonance de leur nom ou à cause de leur adresse. Il y a des étrangers qui subissent un vrai racisme quotidien. Quel Corse vit ça parce qu’il est corse ? Quand la presse évoque les violences qui ont entouré le match Le Havre-Ajaccio, quand elle s’émeut qu’un bus de supporters havrais se soit fait attaqué à coups de fumigènes et traité de « Français de merde », tout ce que Jean-Guy Talamoni trouve à faire, au lieu de tenter de calmer la situation, c’est, suite au dixit «déferlement de haine anti-corse» d’envisager de porter l’affaire devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme... pourquoi pas devant la Cour Pénale Internationale ! Cette chronique sera d’ailleurs aussi bien sûr qualifiée de raciste par le président Talamoni. 

Le foot en corse a toujours été un vecteur de revendication nationaliste.

Oui, en 1972, 4 ans avant la création du FLNC, après la finale de la Coupe de France Marseille-Bastia (2/1), des étudiants corses  brûlent un drapeau français… Les deux grands clubs corses ont aussi appartenu à des nationalistes. Mais le plus souvent, l’ambiance chambreuse des tribunes corses ou d’ailleurs reste du folklore sympathique ou du simple esprit de clocher. L’ambiance guerrière dans certaines tribunes lyonnaises, ou « la France c’est nous » scandé à l’adresse des Marseillais dans les tribunes du stade Vélodrome par les supporters parisiens, les insultes homophobes qui sont légion dans toutes les tribunes, n’ont rien à envier aux dérives ponctuelles des supporters corses... la seule différence vient des élus... Aucun élu parisien ou lyonnais n’irait entretenir la grégarité agressive des supporters après une défaite ou une décision de l’arbitre. Entre l’Etat et la collectivité corse, les relations sont tendues en ce moment. Alors soit Jean-Guy Talamoni instrumentalise le foot, dans le cadre de son conflit politique avec Paris, soit il croit vraiment qu’il y a en ce moment en France une haine raciste contre les Corses. Il vaudrait mieux (même si ce n’est pas très glorieux) que ce soit la première hypothèse la vraie.

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