Après le flop de Martine Aubry, dimanche, au Zénith de Paris, Benoit Hamon, le porte-parole du PS, concède que le parti n’est pas encore tout à fait guéri. Le PS est encore malade. Le 50/50 Aubry/Royal pèse toujours sur l’appareil. Ce qui est paradoxal, c’est que Martine Aubry connaît un taux de popularité en hausse, bien au-dessous de celui de Ségolène Royal. Si l’on en croit le baromètre BVA-France-Inter, 45% des Français voudraient qu’elle ait d’avantage d’influence dans la vie politique, alors qu’il n’y en a que 34% qui sont de cet avis pour Ségolène Royal. Et pourtant, quand Martine Aubry fait le Zénith, c’est un bide et quand Ségolène Royal signe son dernier ouvrage au salon du livre, il y a la queue sur des dizaines de mètres. L’une a, semble-t-il, une crédibilité forte mais terne ; l’autre est une star, a la notoriété toujours aussi étincelante, mais a l’autorité politique déclinante. Toujours est-il qu’on ne sent pas un vrai leadership se dégager à la tête du PS notamment pour faire face aux puissants barons locaux. Ce n’est pas le seul problème du PS. Il y a d’autres facteurs mais ces autres facteurs auraient moins de conséquences s’il n’y avait pas cette concurrence au sommet. Le PS n’arrive pas à maîtriser les débats de la société, leur rythme et leur contour. Tenter de remplir le Zénith, dimanche dernier, sur le thème des libertés publique menacées, c’était à contre temps. Visiblement, les sympathisants du PS n’estiment pas que les libertés soient à ce point menacées. C’est peut-être facile à dire après, mais ce week-end, le débat dominant, c’était les rémunérations des grands patrons et, bien sûr, les suites de la mobilisation de jeudi dernier. Même si l’on ne peut pas dire que le PS se désintéresse de ces sujets, il faut quand même constater qu’il n’arrive pas à s’inscrire dans le débat. Le PS fait une pétition contre le bouclier fiscal. Trop tard ! Les pour et les contre de la majorité se sont déjà écharpés sur le sujet et le président a tranché. Peut-être faudra-t-il y revenir plus tard mais pour l’instant, ce qui fait débat, ce sont les stocks options de la Société Générale ! Le PS n’a pas le temps de s’indigner que Christine Lagarde pousse les dirigeants de la banque à y renoncer. La majorité, en ce moment, arrive à embrasser, à s’accaparer à elle seule les termes des débats par une maîtrise parfaite de son incohérence ! Une maîtrise parfaite de son incohérence. La majorité arrive à faire de ses différences internes un débat qui, certes, fabrique de l’incohérence mais qui, en même temps couvre tout le champ des solutions et asphyxie l’opposition modérée. On l’a vu sur l’homoparentalité, ou les propos du pape, sur le bouclier fiscal, Sur les profits de Total, sur la nécessité ou non de légiférer pour encadrer les bonus et les stocks options. Alors, bien sûr, on ne va pas demander au parti socialiste d’avoir, en son sein, une Christine Boutin anti-préservatifs ou des libéraux pro-stock-options. Mais paradoxalement, le camp qui semble avoir une vision unique de ces sujets disparaît peu ou prou du débat si son leader ne sait pas imposer le rythme, tout simplement parce que son avis ne sera mécaniquement pas décisif pour le trancher. A l’UMP, certains peuvent se permettre d’avoir des accents chavezistes pour qualifier les partons voraces. Les dissensions y reflètent des visions concurrentes mais pas des ambitions concurrentes puisqu’il y a déjà un chef incontesté. Martine Aubry, elle, n’a toujours attrapé le gouvernail du PS.

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