Oui et d’abord quelques chiffres assez désespérant: 63% des sondés estiment que les jeunes sont égoïste, 53% qu’ils sont intolérant ou paresseux. (ce n'est un sondage sur les journalistes) Le regard des Français sur les jeunes est donc terrible… et en même temps une grande majorité des personnes interrogées reconnaît que pour l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat et les études, la vie est plus difficile pour les jeunes d’aujourd’hui. Comme souvent dans ce genre d'enquête l'opinion est sévère sur une catégorie prise globalement mais plus compréhensive quand on entre dans les détails de ce qu'on est censé leur reprocher. Plus étonnant, l’enquête montre que les jeunes eux même portent un regard critique sur leur congénère, comme s’ils avaient intégrer les stéréotypes largement véhiculés sur la jeunesse ; Le fossé générationnel se creuse… l’âge devient un facteur de différentiation important. Plus important maintenant que les différences entre les catégories socioprofessionnelles. La multiplication des moyens de communication, internet, les réseaux sociaux font parti intégrante d’un mode de vie que les jeunes partagent et qui les dissocient un peu plus du reste de la population qui a grandi dans un monde d’une toute autre nature.

Quelles répercutions ce fossé générationnel grandissant peut avoir en politique.

Hé bien il y a désormais plus de différences de comportement électoral entre un jeune et une personne âgées qu’entre un employé et un cadre du même âge. Les jeunes détiennent le record de l’abstention. Mais la société a peur de sa jeunesse. Ce n’est pas nouveau mais la peur change de nature. Fini la crainte d’une explosion révolutionnaire, d’une jeunesse fer de lance d’un mouvement social. Désormais c’est le spectre des émeutes de 2005, la jeunesse des banlieues est regardée comme la bourgeoisie regardait, au XIXème siècle, la plèbe des faubourgs, violente, effrayante, incontrôlable. Il suffit d’écouter la description que font les tenants d’un rabaissement de la majorité pénale de 18 à 16 ans décrivant des enfants qui n’en sont plus, des jeunes d’aujourd’hui, colosses décervelés, pour s’en convaincre. La jeunesse est catégorisée, on ne parle plus d’adolescent ou d’enfant mais de « mineurs ». La jeunesse ne semble plus être regardée comme une période d’apprentissage, de fragilité à protéger. Devant les débordements de la jeunesse on ne dit plus, bienveillant « il faut que jeunesse se passe». La peur et l’incompréhension domine. De ce point de vue, si la campagne présidentielle (puisque les principaux candidats en manifestent le désir) pouvait s'intéresser à la jeunesse afin de tenter de réparer la fracture générationnelle, ce serait, pour le coup… une bonne nouvelle. Vous aurez remarqué que François Hollande fait de la jeunesse son thème central de campagne. Nicolas Sarkozy veut aussi, mettre cette question au cœur du débat présidentiel. La jeunesse comme matrice d’un programme électoral permet de parler d’emploi, de logement, d’éducation, de justice, de transport et de sécurité. de lier tous ces thèmes...La jeunesse est aussi, pour tous les parents une préoccupation personnelle, intime. Ce thème peut donc être fédérateur puisque, on l’a vu, toutes les catégories (jeunes compris) ont peu ou prou le même regard sévère sur la jeunesse en général.

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