Aujourd’hui François Hollande se rend à Florange.

Oui, Florange, ville symbole de l’ambiguïté​e des discours de campagne… Et d’une certaine façon,​ de l’insupportable malhonnêteté​ intellectuelle que semble imposer, à chaque fois, l’élection présidentielle. Sarkozy, puis Hollande sont venus mentir à Florange. Il ne s’agit pas de dénoncer ici la politique menée par les candidats devenus présidents. Pouvait-on sauver cette industrie ? Le fallait-il ? On se trompe souvent en affirmant que c’est une question de volonté politique. Un président volontariste, à poigne de fer, ne forcera pas une multi nationale à investir dans un monde ouvert. Tout au plus il l’incitera… Mais un président qui promet des règles, des lois, des protections,​ pour éviter que la branche rentable (c’était le cas d’ArcelorMittal) d’une industrie qui ne l’est plus forcément… pour éviter qu’elle soit soumise aux licenciements boursiers, est coupable s’il ne met pas en place cette législation. François Hollande avait promis que si une entreprise voulait fermer une unité de production rentable, elle serait obligée de la vendre. Une loi un peu moins contraignante qu’annoncée a bien été votée mais elle a été censurée par le Conseil Constitutionnel. Et c’était prévisible. Cette promesse politique n’a donc pas été tenue. Peut-être n’était-elle pas tenable…Alors il ne fallait pas la faire. Ou alors ne plus se targuer de parler vrai ! C’est donc le moment de rappeler qu’il y a bien eu trahison à Florange pendant la campagne du candidat socialiste en 2012. 5 ans après celle de 2007.

François Hollande tient au moins la promesse de revenir s’expliquer à Florange

C’est vrai. C’est le courage de celui qui assume. La promesse de revenir est plus facile à tenir que celle de changer de modèle. François Hollande tente de sauver un peu la politique à défaut de pouvoir sauver Florange. Une partie de la promesse était de sauver des emplois. C’est presque tenu puisque il y a eu des reclassements, des départs en retraite et l’implantation d’une unité de recherche. Mais le cœur de la promesse était politique et entretenait l’espoir de maintenir un modèle, de combattre frontalement la financiarisation de l’économie. En plus de « mon ennemi la finance » du discours du Bourget, il y a cette image de François Hollande juché sur la camionnette de l’intersyndicale assurant l’auditoire non pas que cette industrie serait sauvée mais que la logique qui a amené à la situation tragique de cette région serait inversée par l’autorité puissante du nouveau candidat élu. François Hollande, debout sur cette camionnette,​ usait abusivement du champ lexical et de l’imagerie de la gauche interventionniste. Il s’agissait bien d’une tromperie. Volontaire ou non ? Au fond peut​-importe. La seule chose qui compte,​ c’est que cet espoir a été déçu, bien au-delà de Florange. On ne joue pas impunément avec l’imagerie ouvriériste qui charrie tant de souvenirs​ de luttes, de souffrances et de solidarités couteuses. François Hollande sur le toit de la camionnette restera l’une des images les plus désastreuses​ et emblématiques​ de l’impuissance publique et de la crise de la parole politique qui mine le moral du pays.

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