Il y a un an, deux jeunes garçons de Clichy-sous-Bois, Zyed et Bouna, poursuivis par la police, mouraient dans un transformateur EDF. S'ensuivaient 3 semaines d'émeutes urbaines. A l'approche de la "date anniversaire" de ces événements, la tension monte dans la classe politique. "On est tombé sur la tête!" Voilà ce qu'affirme un haut responsable de la majorité. On est en train de faire dit-il, de la commémoration de la mort des deux jeunes et des 3 semaines d'émeutes derrière, une nouvelle fête nationale ! Les gamins dans les cités n'ont qu'une idée en tête jure-t-il, faire mieux que la dernière fois. D'ailleurs ils filment les moindres incidents qui ont lieu dans leur quartier, pour se les échanger ensuite par portable, comme des trophées. Les RG dit-il, ont noté une progression de l'envoi de sms et de mms ces derniers jours. On est sur les dents. Dans ma ville, explique-t-il, le préfet m'a demandé de ramasser les ordures et les encombrants dans les quartiers sensibles afin que rien ne puisse servir de projectile. Bref, à l'approche du 27 octobre, on fait monter la pression assure t il. Soit. Mais au fait, qui est ce "on"? Nicolas Sarkozy répond la gauche. Sarkozy et ses provocations. Le ministre de l'Intérieur cherche l'affrontement, explique le PS, car c'est dans le chaos que le candidat Sarkozy prospère. Mais le "on" c'est la gauche s'insurge l'UMP, qui instrumentalise le débat à des fins politiciennes, pour tenter de "rediaboliser" Nicolas Sarkozy. Non le "on", c'est vous les média disent-ils tous en choeur. On sent le débat poindre, vous qui retournez sur les lieux pour rebraquer les projecteurs. D'ailleurs dans le rapport alarmiste des RG, cité hier par "Le Figaro", on peut lire : "une rumeur persistante semble indiquer que des journalistes arpentent les banlieues aux fins de collecter des infos sur l'état du quartier aujourd"hui". C'est formidable, les RG sont sur le point de découvrir à quoi servent les journalistes. Alors ? Que faire pour ne pas faire monter la pression ? "On" pourrait décider de ne pas parler de ce qui s'est passé il y a un an. De passer sous silence les derniers éléments de l'enquête liée à la mort des deux jeunes de Clichy, éléments sensiblement différents de la version donnée par le premier ministre et le ministre de l'Intérieur quelques heures après le drame. On pourrait ne pas chercher à savoir ce qui a changé dans les quartiers depuis un an On pourrait faire semblant d'oublier que la situation actuelle est le fruit de 30 ans de ségrégation sociale, culturelle, économique et territoriale. On pourrait détourner le regard, comme on nous accuse de le faire si souvent. La pression peut être baisserait. Mais la réalité elle, celle de ces quartiers et de ses habitants, n'en serait pas changée pour autant et les réponses à cette réalité, c'est aux politiques de les apporter. Ils ont tous raison. Rien ne sert d'agiter le chiffon rouge d'une date anniversaire pour tenter d'échapper à ses responsabilités.

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