Ce matin, il est question de déontologie du pouvoir...

Oui je ne voudrais pas faire mon curé déontologue de la politique, mais deux détails de l’actualité de ces derniers jours, qui peuvent paraître anodins... accumulés, méritent qu’on s’y arrête. Deux faits qui prouvent que si le macronisme a renouvelé le personnel politique national, il n’en a pas encore renouvelé les pratiques. Le 1er nous vient de Lyon. Gérard Colomb a déclaré avoir le soutien du président pour se présenter aux municipales, prouvant ainsi que la décision n’était pas une décision souveraine de la commission d’investiture de LREM. Celle-ci est simplement aux ordres de l’Elysée pour les grandes villes. Le 2nd vient de Mayotte où le président a effectué un voyage, notamment sur le thème de l’immigration. S’adressant à un mahorais, il a justifié sa présence sur l’île et son action en faveur de la sécurité par ces mots : ‘vous avez vu le score du RN ici ?’ Bien sûr ce n’était qu’une réflexion, à la volée, parmi de nombreux discours portant sur les problèmes réunionnais, mais le président a invoqué une raison partisane, à la façon d’un chef de majorité.

Quel rapport entre ces deux déclarations ?!

Ces deux micro-faits politiques montrent au grand jour ce que l’on sait pertinemment peut-être mais qui ne se cache même plus, comme si, après avoir décidé de descendre de son Olympe pour se ‘dé-jupiteriser’, Emmanuel Macron perdait un peu de son surmoi présidentiel. Président de tous les Français selon nos institutions, il ne doit pas s’occuper de la vie de son parti (ça c’est pour l’affaire Colomb). Il ne doit pas non plus s’occuper de celle des autres partis (ça c’est Mayotte et le RN). Le chef de l’Etat ne se déplace pas dans un département français avec l’ambition de faire bouger les lignes partisanes mais bien pour régler les problèmes d’un territoire. En disant ‘vous vous rendez-compte du score du RN ici ?’, le président écorne la fonction... soit il n’est plus le président des Francais qui votent RN, soit au contraire il n’est plus que leur président parce qu’il faudrait donc que le parti de Marine Le Pen fasse un bon score quelque part pour que cela justifie que le chef de l’état se penche plus avant sur la question ! Les prédécesseurs d’Emmanuel Macron étaient au moins autant soucieux des affaires de leur parti. Mais justement, c’est aussi en promettant de rompre avec ce travers et de renouer avec une présidence moins partisane, que le candidat Macron a été élu. Il s’agit de n’être ni naïf, ni angélique... ni de penser que le chef de l’Etat ne doit jamais veiller aux équilibres politiques du pays qui sont, après tout, aussi des indicateurs des aspirations populaires... mais, comme il existe une sorte de bienséance à ne pas toujours dire ce que l’on pense dans bien des circonstances, le président de la République se doit au moins de mimer le surplomb, de nous présenter un visage et un discours non pas lointains ni détachés mais au-dessus. En tout cas, c’était sa promesse... Voilà... Amen.

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