Le port du masque, la distanciation sont globalement respectés mais il existe des ilots intellectuels qui contestent ces mesures…

Avec des  arguments qui ne sont portés par aucun parti, aucun syndicat mais que  l’on entend (comme une sourde critique aussi dans la population…) des  arguments plus ou moins formulés ou ressentis, selon lesquels on en ferait trop, le corps médical (et sa logique avant  tout sanitaire) aurait pris une sorte d’ascendant sur les autorités et  la presse, au mieux terrifiée à l’idée de ne pas avoir pris la mesure  d’une catastrophe, au pire –et c’est une vision conspirationniste- parce qu’en prenant le contrôle des corps et des  contacts physiques, l’Etat, tuerait la politique : l’écrivain Elias  Canetti ne disait-il pas, dans Masse et Puissance, dans les  années 60, que le lien politique passe par le contact physique ? Mettons à part les conspirationnistes et écoutons ce que  disent les sociologues qui s’inquiètent des conséquences de la  généralisation du port du masque et de la distanciation physique.  Olivier Bobineau, par exemple, estime que la sociabilité passe d’abord par le rapport physique (même visuel) et spontané qui tisse des  liens de confiance. C’est donc la confiance en l’autre qui est mise en  danger. Les enfants et les adolescents seraient les premières victimes  de ce bout de tissu qui nous sépare. Le visage, son expression c’est aussi la nuance. Notre figure atténue ou augmente  la portée de nos propos, la personnalise et fait de ce propos un  échange, pas seulement, une déclaration. C’est aussi pour ça que les  islamistes radicaux masquent leurs femmes. Pour leur dénier le droit de personnaliser leur propos et donc d’avoir une  existence propre…  
 C’est un édito contre le port du masque et la distanciation physique?
 Non, les  arguments pour le port du masque (temporaire) et la distanciation sont  beaucoup plus forts. Il s’agit d’urgence sanitaire, d’éteindre la  propagation du virus (responsabilité individuelle et collective), d’éviter l’embolie du système de santé, qui aurait, par  ses conséquences en chaine, des répercussions incalculables. Un  consensus scientifique se dégage. On peut discuter, certes, de la  pertinence d’interdire le masque ici ou là mais sa généralisation (le temps de se débarrasser du Covid) devient une évidence. Ça n’empêche  pas d’entendre ce que disent d’autres scientifiques (sociologues,  anthropologues, psychologues) qui alertent sur les effets secondaires du  masque et de distancier les rapports humains. Il y aura un coup en termes de dépressions, de consommation  d’antidépresseurs, peut-être de suicides… un coup chez les adolescents  qui découvrent les jeux de la séduction ? Quelles conséquences ? Les  décisions politiques, pour justes qu’elles soient, peuvent et doivent être critiquées, si elles ne prennent pas assez en compte  leurs effets secondaires. Là, l’alerte ne vient pas du monde politique,  de l’opposition mais d’un certain nombre de professionnels, dont il ne  faut pas négliger l’avis.

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