Par Carine Bécard.

Depuis bientôt un an, chaque texte examiné à l'Assemblée est critiqué, voire contesté, par une partie des députés de gauche... On finit par se demander si François Hollande dispose encore d'une majorité pour gouverner ?

C'est vrai que cette contestation systématique, c'est du "jamais vu" sous la Vème République... Certes, c'est assez habituel au Sénat, des voix s'élèvent toujours pour faire entendre une autre petite musique. Mais, à l'Assemblée, les députés de la majorité sont normalement priés d'être disciplinés ! Et donc de voter - à l'unanimité, ou presque - les textes qui sont présentés par le gouvernement.

Là, depuis le début du quinquennat, il n'y a - pour ainsi dire - pas eu un projet de loi, qui n'a pas été remis en cause par une partie de la majorité, par un courant de la gauche ! Dernier exemple en date, "l'amnistie syndicale"... Bon là, c'est une proposition de loi, qui vient tout juste d'arriver à l'Assemblée. Elle ne sera examinée que le 16 mai prochain. Hier, le gouvernement annonce, très clairement, qu'il sera finalement opposé à ce texte, eh bien, immédiatement, se font entendre des voix discordantes... En l'occurrence, le député Patrick Mennucci - qui n'a rien d'un farouche anti-Hollande - a déjà fait savoir que lui, voterait en faveur du texte. Même chose pour le "mariage pour tous" : la question de la PMA - la procréation médicalement assistée - divise les députés socialistes, sans parler de la nouvelle fronde menée - rien de moins - que par le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, contre le plan de François Hollande sur la transparence de la vie politique. Sans parler non plus, de son accord sur l'emploi... ou de ses mesures économiques.

Ce qui laisse penser, finalement, que la majorité dont dispose François Hollande ne correspond pas à la politique qu'il défend?

En fait, le social-démocrate qu'il est, pourrait peut-être s'assumer. Sans nommer directement François Bayrou à Matignon. Mais, certains centristes, anciennement proches des Verts notamment, pourraient très bien trouver leur place au sein du gouvernement.

Pour autant, pourquoi - me direz-vous - élargir "encore" une majorité qui n'arrive déjà pas à faire front commun ? Eh bien parce que toutes ces forces politiques - du Front de Gauche au MoDem - se sont rassemblées il y a un an, pour faire élire François Hollande... Elle est là, normalement sa majorité. Le problème du Président, c'est que ce vaste rassemblement est en train de se morceler. En ne fixant pas de cap, en ne dévoilant pas sa vision du monde, François Hollande donne l'impression qu'il n'a pas les solutions face à la crise. Du coup, chaque camp cherche une alternative. En l'absence d'idéologie, d'une idéologie forte et socialiste, chaque camp se croit porteur des solutions attendues - au moins en partie... C'est le cas de Jean-Luc Mélenchon, de la Gauche du PS, avec Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg ou de François Bayrou...

Voilà pourquoi, cela tiraille, voilà pourquoi la majorité présidentielle est de plus en plus multi-formes.

On voit mal comment cela pourrait subsister, en l'état, pendant encore quatre ans.

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