Vous revenez sur la déclaration de JL Mélenchon, qui renvoie aux 450.000 signataires de sa plateforme l’attitude à adopter au 2nd tour.

Et il faut souligner que quasiment tous les porte-parole de JL.Mélenchon, en contradiction avec le candidat, expliquaient spontanément que les signataires de la plateforme doivent se déterminer sur la formulation la plus appropriée pour appeler à faire barrage à l’extrême droite. Leur choix est donc fait… Mais JL.Mélenchon, lui, ne choisit pas ! Très meurtri par le résultat, il digère sa défaite. Et pendant la digestion, pas de no pasaran : « les médiacrates et oligarques jubilent, dit-il. Rien n’est si beau pour eux qu’un 2ndtour entre 2 candidats qui approuvent et veulent prolonger les 2, les institutions actuelles, qui n’expriment aucune prise de conscience écologique et qui, les 2, comptent s’en prendre aux acquis sociaux les plus élémentaires du pays. » Fin de citation. Pour JL. Mélenchon, Macron-Le Pen c’est blanc-bonnet et bonnet-blanc comme disait Jacques Duclos à propos de Pompidou et Poher, un gaulliste et un centriste ! La position de Mélenchon rompt avec toute la tradition et l’âme de la gauche dont il prétend pourtant être l’héritier le plus fidèle.

Pourquoi cette rupture ? Ce n’est pas qu’une question d’aigreur après la défaite quand même ?

Non bien sûr, ce signe égal, inédit (et largement considéré, jusque dans son propre camp, comme irresponsable), a aussi une explication politique. Il est l’expression d’une grande lassitude, notamment des plus jeunes électeurs, fatigués de recevoir des injonctions de vote contre. Chez les18/24 ans, JL Mélenchon est arrivé largement en tête dimanche. Les jeunes connaissent les effets, sur leur vie et sur l’environnement, de ce qu’ils nomment le libéralisme économique. Ils vivent la dérégulation et la précarité. Le péril brun, en revanche, leur parait théorique et lointain. Le discours très social du FN parfait le brouillage. Pour beaucoup d’électeurs de gauche, c’est l’ultra-libéralisme qui est le ferment de l’extrême droite. Dès lors, voter pour ce qui fait grandir l’extrême-droite ne leur parait pas opportun. Et tant pis si cela revient à couper la branche sur laquelle ils sont assis au prétexte qu’elle ne serait ni confortable ni solide ! En dégradant en des termes des plus violents ses adversaires de gauche, du centre et de droite, JL Mélenchon porte une immense responsabilité dans le relativisme, dans l’équivalence des périls et la dissipation de l’essentiel. Sa responsabilité –dans cet entre-2 tours- est d’autant plus forte que son action pour freiner la dynamique FN a été efficace, avant le 1ertour, et que son charisme opère fortement sur une grande partie de la jeunesse qui l’a suivi dans sa croisade contre les inégalités et pour l’environnement. Et puisqu’il ne faut donc plus compter sur lui pour éclairer les plus jeunes sur l’extrême droite, ses racines et ses effets, et bien c’est à Emmanuel Macron de se montrer convainquant, de prouver, s’il le peut, qu’il s’est vraiment converti à la transition écologique, que sa théorie des droits réels versus les droits formels ne constitue pas une menace pour notre modèle social. Mais pour l’instant, le candidat En Marche n’a pas le discours adéquat pour débloquer les résistances de nombre de jeunes, révoltés à bon droit, et qui viennent de découvrir la politique avec JL. Mélenchon.

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